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Le billet de la semaine
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Protection de la nature et vie des hommes.

     La fonte spectaculaire de la banquise et le recul de nos glaciers, entre autres, mettent en évidence le réchauffement de la planète. Les conséquences dramatiques qui en découleraient suscitent beaucoup de commentaires. Parmi ceux-ci, l’encyclique Papale «Laudato si » apparait comme l’un des plus objectifs, caractérisé notamment par une hauteur de vues inégalée, ce qui n’est guère étonnant. Nous allons donc consacrer un article à l’analyse de ce texte à méditer avant la réunion internationale prévue à Paris en décembre prochain.
     En attendant, et en toute modestie, je me permets de rappeler ici ce que j’écrivais sur ce sujet dans la Lettre de France-Valeurs de septembre 2004.
Jean Delaunay        

Protection de la nature et vie des hommes.

     La protection de la nature est, chacun le sait, un sujet vital pour nos successeurs, sous différents aspects. Je n’en retiens ici que trois.

- Celui de l’énergie d’abord. Les générations qui nous ont précédé, et la nôtre plus encore, ont largement exploité, pour ne pas dire pillé, les ressources naturelles de la planète. C’est particulièrement vrai des sources d’énergie fossile (charbon et pétrole notamment).
    Alors que la consommation mondiale d’énergie double tous les 10 ans, il s’agit donc de trouver des énergies de remplacement pour que soit possible la vie de nos successeurs.
    L’électricité nucléaire paraît l’une des voies déjà éprouvées les plus prometteuses ; sa technologie et la sécurité correspondante semblent au point mais, notamment depuis Tchernobyl, un tabou idéologique entoure « l’Atome », ce qui complique le problème.

- Celui de la pollution ensuite. De déforestations abusives en gaspillage de l’eau, de marées noires en salissures diverses, nous avons abîmé notre terre nourricière. Le plus grave est que beaucoup de ces effets, entraînant notamment sécheresse et désertification, rendent plus difficile encore la vie des peuples pauvres, ce qui contribue à élargir le fossé qui sépare nos pays riches des autres.
     D’où la nécessité de trouver des remèdes aux causes de la misère du « Sud », celles au moins qui relèvent de l’environnement. A défaut, on risque d’assister une migration Sud / Nord massive susceptible d’entraîner des troubles graves chez nous. L’effort de solidarité qu’on demandera de plus en plus dans ce but aux populations des pays riches n’y suscite pas l’enthousiasme alors que le niveau de vie y est déjà fragile. Les décideurs politiques sont donc confrontés à un choix douloureux : mécontenter aujourd’hui leurs électeurs ou placer demain leurs descendants devant une menace existentielle grave.

    - Sur ce fond de tableau déjà inquiétant se greffe un difficile débat philosophique autour de la notion de progrès scientifique.
     Il est certain que, de la roue à la puce électronique, les découvertes ont heureusement transformé la vie des hommes. Partant de ce constat, des savants déclarent que tout ce qui est techniquement possible est a priori source de progrès, et donc doit être réalisé.
     D’autres écoles de pensée dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attitude d’apprentis-sorciers, notamment quand il s’agit de modifier les données même de la vie.
    Pour eux, doivent donc être prohibés d’un point de vue éthique, non seulement le clonage, mais aussi les manipulations génétiques surtout quand il s’agit de l’homme.
    Mais dans le même temps, des productions à base d’OGM végétales et animales inondent déjà le marché et les utilisateurs déclarent s’en satisfaire...
    Comment manier dans ces domaines le principe de précaution sans arrêter le progrès humain ? C’est une partie, importante, de la question. Elle est compliquée par le fait que, pour être efficaces, c’est au niveau mondial que les décisions devraient intervenir. Fait nouveau, s’agissant de la protection de la vie, la solidarité doit en effet être universelle.
***

     Faute de pouvoir faire le tour de cette immense question, nous essayons au moins de donner ici à nos amis quelques éléments de réflexion en lien avec notre mission générale de défense des Valeurs Humaines Fondamentales. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, chacun énonce et défend son point de vue sans écouter celui de l’interlocuteur…
    Et cependant, pour décider des mesures à prendre, il faudra bien que les responsables politiques parviennent à concilier les différentes approches du problème.

Jean Delaunay