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Le billet de la semaine
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Le crépuscule des idoles : la reconquête du territoire
     La classe politique et l’opinion portent apparemment peu d’intérêt à la Défense et aux forces armées. C’est pour pallier cette situation qu’a été créée l’ASAF (association de soutien à l’armée française), contemporaine et amie de France-Valeurs. Dans le dernier bulletin de l’ASAF, je trouve un article qui exprime ma vision des choses. Il émane de Caroline GALACTEROS, le Point.fr- Administrateur de l’ASAF. Je juge opportun de le proposer aux amis de France-Valeurs.
Jean Delaunay        

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    « Lutter contre le terrorisme "passe par un réarmement moral autour du corpus des valeurs et pratiques républicaines".

     La France n'est pas la seule menacée. Mais, chez nous, le moralisme et l'égalitarisme servent de cache-misère à la démission d'un politique devenu le gestionnaire mou de communautés et corporatismes de toute nature. La tentation démagogique le rend caution de décisions dogmatiques, qui contraignent les talents individuels au renoncement ou à l'exil, écœurés de constater que même leur solidarité fiscale confiscatoire ne suffit plus à garantir la paix sociale. En France, désormais, "les riches" aussi sont fatigués d'être coupables, toujours considérés comme de mauvais payeurs, alors que leurs impôts font tourner le pays et un État pléthorique et inefficace qui ne les protège plus. La fureur monte, celle "d'en haut" comme celle "d'en bas". Cette dernière se nourrit de la mansuétude étatique pour la revendication corporatiste, au nom d'une lutte des classes anachronique. Un fonctionnement qui paralyse tout élan de réforme et précipite notre pays dans le gouffre.

    Il est temps de briser la dynamique communautariste en remettant au clair les conditions d'existence des populations françaises ou étrangères de confession musulmane sur notre sol. Cela revient certes à réaffirmer nos principes républicains et laïques, mais surtout à les faire respecter sans plus aucune complaisance et à redéfinir les périmètres respectifs du politique, du social, du religieux et du communautaire. Or on refuse de le faire au nom de la liberté religieuse ou d'un relativisme culturel et normatif qui fait le lit de la peur citoyenne et du populisme.

    Le sacré est une valeur qui mérite le respect

    Parallèlement, notre vision de la laïcité demeure éminemment idéologique et de facto contemptrice de toutes les fois - surtout la chrétienne, d'ailleurs-, au lieu de contenir leur expression légitime à l'intime, sans expression politique possible. Les "laïcistes" - pour reprendre un néologisme qui marque bien l'inquiétant glissement vers une nouvelle idéologie - devraient pourtant comprendre que le sacré est aussi une valeur qui mérite le respect. Comme l'a dit Régis Debray dans son "Rapport sur l'enseignement du fait religieux dans l'école laïque" rendu au ministre de l'Éducation nationale... en février 2002, "la laïcité n'est pas une option spirituelle parmi d'autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait".

    Lutter contre le terrorisme signifie en second lieu, très prosaïquement, reprendre le contrôle des "territoires perdus de la République" par l'application de mesures sécuritaires drastiques, le renforcement massif des moyens policiers et de renseignement et la remontée en puissance nette de notre outil militaire. Pas seulement en retardant sa mort lente par une courte "pause" dans le rythme suicidaire de la diminution des effectifs de nos forces armées ou dans la déflation du budget de la défense. Alors qu'il est notoirement "juste insuffisant", déclarer sa "sanctuarisation" ne suffit pas. Il faut tirer les conséquences budgétaires d'une révision à la hausse des fonctions régaliennes de notre État et commencer par solder "la bosse" des arriérés de la dernière loi de programmation militaire. Nos forces ne doivent plus avoir à choisir perpétuellement entre Charybde et Scylla, entre le maintien en condition opérationnelle de nos matériels et la projection suffisante de forces. Bref, c'est toute la loi de programmation militaire qu'il faut d'urgence remettre à plat.

Rétablir l'autorité de l'État

    Rétablir l'autorité de l'État revient à réconcilier les notions d'identité et de souveraineté au lieu de laisser l'apanage de cette lucidité aux partis extrémistes. Si l'identité française n'a rien à voir avec le sang ou la race, les communautarismes ethniques ou religieux ne peuvent être le socle d'autres formes d'identité ou d'appartenance au sein de la nation ni lui imposer des codes ou des pratiques. Que l'on soit français depuis une minute ou depuis des siècles, cette "francité" dépend d'une adhésion active à un socle de valeurs citoyennes et républicaines, mais aussi à ce qu'a représenté la France à travers les siècles. Or elle n'est pas née avec la Révolution ou la forme républicaine de son régime politique. Chrétienne de naissance, "fille aînée de l'Église", elle n'est pas une terre vierge de toute influence religieuse ou culturelle.

    Donc, de facto, les religions ne s'y trouvent pas "à égalité", parachutées dans notre pays et y ayant chacune un égal droit de cité et d'expression. Le nier fait le jeu de ceux qui veulent déstabiliser notre pays pour le soumettre à des allégeances étrangères ou de ceux qui veulent le recroqueviller sur une conception autarcique et ultra-protectionniste de l'identité. Le mythe de la table rase, en la matière, une utopie aussi généreuse que dangereuse. Il nous faut donc assumer la part chrétienne de notre identité nationale et européenne, qui demeure en arrière-fond du choix politique de la laïcité, et, dans ce cadre historique multiséculaire assumé, définir ce que veut dire être un "Français de confession musulmane" ou un "musulman en France".

    Une restriction dans l'exercice de la foi

    Lutter contre le terrorisme passe donc par un "réarmement moral" autour du corpus des valeurs et pratiques républicaines, ce qui suppose une limitation partielle des libertés individuelles, indispensable à la sécurité de tous et à la préservation de la souveraineté du pays. Cela revient aussi à imposer aux Français de confession musulmane comme aux musulmans non français une certaine restriction dans l'exercice de leur foi puisqu'en Islam la fusion entre le politique et le religieux est totale et que le droit coutumier musulman comme certaines prescriptions de la charia continuent apparemment à être appliqués par endroits sur notre sol en contravention formelle avec les lois de la République. Les Français musulmans doivent eux aussi se mobiliser et individuellement affirmer leur choix de vivre sous la stricte loi française et dans un régime laïc. Ce n'est pas un moyen de les stigmatiser ou de les ostraciser, mais bien au contraire la seule façon de les protéger de l'exploitation politique extrémiste qui peut être faite de leur passivité et de l'instrumentalisation de leur foi par des fondamentalistes radicaux.

    Enfin, il est plus que temps de (re)structurer notre politique extérieure autour de positions réalistes et intellectuellement honnêtes. Notre manichéisme diplomatique, notamment sur les dossiers russe, iranien et syrien, est inversement proportionnel à son efficacité opérationnelle. Plus on est dogmatique, moins on est efficace, car on perd contact avec une réalité complexe et toujours paradoxale. Dans ce domaine, si la lutte contre le terrorisme passe évidemment par une réforme profonde des mécanismes sécuritaires de l'ensemble européen, elle ne peut se priver de la restauration d'une coopération étroite et pragmatique entre nos services de renseignements et ceux des États menacés par le fondamentalisme sunnite. Plutôt qu'une crispation moralisante à leur endroit, préférons une éthique de responsabilité. Plus inconfortable, plus exigeante... mais plus protectrice.

Caroline GALACTEROS        

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ASAF