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Le billet de la semaine
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Interview de Maryse Rigaud, proviseur
20/12/2006

Q Maryse Rigaud, qui êtes-vous ?
       J'ai été formée par une école publique qui n'était pas contestée à l'époque : d'abord, école primaire de village, puis collège, enfin lycée à Paris, avant la Sorbonne. Je ne me souviens pas n'avoir jamais eu de professeur absent pour cause de grève. Initialement, je ne voulais pas devenir professeur et je me suis laissé piéger par l’amour de la géographie, ce qui m'a amenée à l'Agrégation. J'ai enseigné 19 ans, conciliant mon métier avec l'éducation de nos quatre enfants. En 1981, j'ai opté pour l'administration pour satisfaire mon désir d'animer un ensemble plus vaste qu'une classe. J'ai été nommée proviseur au lycée polyvalent de Saint-Ouen-l'Aumône en 1989, en ZEP, zone d'éducation prioritaire. Polyvalent, signifie qu'on y dispense à la fois un enseignement général menant au baccalauréat classique, technique et professionnel. Le lycée comptait 1100 élèves dont 400 dans les filières professionnelles.
       J'ai également eu des responsabilités syndicales au niveau national et académique. J'ai été nommée en 1992 chevalier des palmes académiques. J'ai pris ma retraite en 1999.

Q J'imagine que la vie de proviseur est un long fleuve tranquille !
       Vous voulez dire un fleuve tumultueux, coupé de rapides, ayant dû parfois creuser des gorges profondes dans un relief tourmenté :( c'est la géographie qui parle…).

Q Accordez-vous plus d'attention à l'administration, à la pédagogie ou aux problèmes humains ?
       À tout en même temps. Le métier de proviseur est harassant et à risques : il ne peut s'exercer assis dans un bureau 35 heures par semaine... C'est plutôt de 70 qu'il faudrait parler.
       Il faut savoir que, dans le contexte actuel de l'Education Nationale, tout ce qui se fait de bien l’est en dépit des recommandations officielles. Et tout le bien qu’on pourrait faire ne peut se faire. Par exemple, les programmes officiels doivent être suivis, même s'ils sont aberrants. De même, contester les méthodes prônées par les instances supérieures peut coûter cher ! Car, dans la profession, on ne juge pas un prof sur les résultats de ses élèves mais sur sa façon d'aborder un programme. Si ce dernier est conforme aux dogmes en vigueur, l'inspecteur pédagogique est content, les notes du prof s’en ressentent. Sinon ! … Il est vrai que les inspecteurs ont parfois du bon sens et que les professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles constituent une caste à part. Ils sont jugés, eux, sur leurs résultats mais c’est l'exception. J'ai souvent entendu des inspecteurs blâmer, dans mon bureau, la prétention et l'abstraction des programmes des lycées, leur inadaptation aux capacités réelles des élèves qui, soit dit en passant, ont tendance à diminuer. Non pas que les ados d'aujourd'hui soient moins intelligents que leurs aînés. Ils n'ont pas été formés intellectuellement de façon satisfaisante et on n'a pas développé en eux des habitudes de travail intellectuel.
       Ce qui est en cause, c'est d'abord, l'évidente défaillance de l'école primaire. Là encore, ce sont les méthodes qu'il faut incriminer. Et celle du collège unique. Sous prétexte de démocratiser, on a voulu mélanger tous les élèves dans des classes hétérogènes. Cela s'est fait aux dépens des meilleurs élèves et des travailleurs, sans aucun profit pour les autres. C'est l'alignement par le bas... Alors, au lycée, on fait ce qu'on peut avec les élèves arrivant des collèges dont un nombre non négligeable sait à peine lire et écrire, et dont beaucoup, faute d'entraînement, ne comprennent pas ce qu'on leur demande dans l'énoncé d'un devoir.
       Pourquoi s'en soucier d'ailleurs, puisqu’on sait que les résultats aux différents baccalauréats ne peuvent que progresser régulièrement vers 80 % de réussite…
       Les services du Ministre font ce qu'il faut pour cela. Des consignes draconiennes sont données aux inspecteurs qui préparent les sujets, et aux correcteurs. Ils se voient imposer des barèmes ahurissants d'indulgence et on n'exige d’eux la plus grande mansuétude, tant à l'écrit qu’à l’oral. Gare à celui dont l'ensemble des notes serait jugé trop bas ! Il sera chapitré par le président du jury qui, lui aussi, doit rendre des comptes... Bref, dans ce système, tout est faux-semblant...
       Ce qui est le plus navrant, c'est le gâchis des intelligences qu’il génère. Les élèves les plus éveillés dont on devine que le quotient intellectuel est supérieur à la moyenne (encore que le terme QI soit banni car discriminatoire...) restent souvent en deçà de leurs possibilités, n’ayant pas acquis le sens de l'effort, faute d'émulation. Les élèves moyens, quand ils ne sont pas suivis par leurs parents et ne sont pas accrocheurs, deviennent franchement médiocres. Quant aux élèves en difficulté, ils perdent pied irrémédiablement ; ils ne pensent qu'à s'amuser et font preuve d’absentéisme.
       Ainsi le retard pris en primaires et les mauvaises habitudes prises au collège (absence de concentration et de travail) s'avèrent rédhibitoires.
       A l’inverse du but officiellement annoncé qui est de promouvoir, par l'école, une plus grande justice sociale, on aboutit à une plus grande injustice. L'ascenseur social ne fonctionne plus: ce sont les enfants des familles pauvres, en argent et en culture, qui pâtissent le plus du système. En témoignent les statistiques qui montrent que la proportion d'enfants des classes défavorisées diminue d'année en année dans les classes préparatoires aux grandes écoles.
       Autre conséquence du système actuel, à tous les niveaux, dans tous les ordres d'enseignement, les adolescents se découragent et dépriment. Les médecins et infirmières scolaires sont effarés de constater le mal-être des élèves qui se traduit par une sur médicalisation et, notamment, l'usage des antidépresseurs. Et je ne parle pas de celui des drogues qui détruisent le cerveau de façon irrémédiable.
       Même chose pour les professeurs. Certains ne surmontent leur angoisse que grâce au Prozac. Beaucoup sont dégoûtés et désespérés car ils aiment leur métier et voudraient sincèrement aider leurs élèves.
       J'ai conscience que ces tristes constatations n’ont rien d'original. Mais comment ne pas rappeler le contexte auquel j'ai travaillé ? Vous vous en doutez, le rôle du chef d'établissement est crucial pour soutenir le moral des professeurs et aider les élèves là où il le peut.

Q Qu'elle a été votre plus grande satisfaction ?
       C'est d'avoir réussi à faire d'un lycée en ZEP un établissement calme, de bonne réputation où les élèves pouvaient travailler en toute sécurité et où les professeurs étaient respectés.
       La recette était simple : exiger un respect réciproque, des adultes et des jeunes, et responsabiliser l'ensemble de la communauté scolaire, tout le personnel, y compris les agents de service, les élèves, les parents. Chacun, en effet, a sa part dans la réussite d’un établissement scolaire.
       Je disais aux professeurs : « Ne tolérez pas qu'on vous manque de respect, qu’on parle en même temps que vous, qu'on vous interrompe, qu'on vous interpelle plus ou moins grossièrement. Vous vous êtes formés, vous avez travaillé pour vos élèves, ils vous doivent le respect. Mais vous, de même, respectez les. La première façon des respecter, c'est de bien faire votre travail, de préparer vos cours, de corriger rapidement les devoirs. Il faut aussi vous intéresser à eux, ne pas les mépriser, les « traiter » comme ils disent. Au contraire, qu'ils vous sentent à leurs côtés, toujours prêts à les aider. Attention à la démagogie. Ils en profitent mais n'en sont pas dupes. Soyez exigeants avec eux comme avec vous-même. Dans cet esprit, je vous soutiendrai toujours. »
       Aux élèves, je disais : « Dans ce lycée, vous n'êtes pas des numéros, vous êtes des VIP. Nous sommes là, nous, adultes, pour vous aider à bien réussir vos études. Nous vous respectons mais respectez aussi les autres, professeurs, membre du personnel, camarades. Vous êtes responsables de votre avenir. »
       Si étonnant que cela paraisse, même les durs sont avides de dignité. Nous avions repris une habitude bien oubliée : les élèves accueillaient leurs professeurs ou éducateurs en se levant. Nous leur avions expliqué qu'il était naturel de saluer ainsi les personnes, comme il est naturel de dire bonjour. Les inspecteurs n’en revenaient pas ! Bien avant que l'on parle de tolérance zéro, nous avons instauré, avec mon équipe, un système qui consistait à prendre en charge un élève dès la première incartade signalée par un professeur. Ainsi, un élève exclu du cours était amené dans le bureau du CPE (conseiller d'éducation, l'ancien surveillant général) où il pouvait s'expliquer. Le CPE l’écoutait mais le mettait en face de ses responsabilités ; rendez-vous était pris avec le professeur qui expliquait en quoi sa conduite était mauvaise.
       Éventuellement, avec doigté, le professeur était invité à reconnaître ses propres torts.
       En général, la semonce suffisait et l’élève était réintégré dans sa classe. Si le manquement était grave, ou s'il y avait récidive, un avertissement avec rapport était envoyé aux parents par lettre recommandée et ceux-ci étaient convoqués, tous les deux, même divorcés, selon les cas, par le CPE, le proviseur adjoint ou le proviseur (qui, seul, peut prendre une mesure d'exclusion temporaire de l'établissement.)
       J'ai vu des parents dépassés ou démissionnaires, inconscients ou désolés, qu'il fallait aussi mettre en face de leurs responsabilités et souvent encourager à reprendre le manche. Chaque année, j'étais amenée à exclure temporairement une demi-douzaine d'élèves. Cela suffisait. En 10 ans, il n'y a eu que quatre cas d'exclusion définitive après conseil de discipline, ce qui, dans une ZEP, fait figure de record. Peu de sanctions, donc pas de colles mais des avertissements qui, s'ils n'étaient pas pris en compte par les élèves, ne restaient pas sans suite. Les jeunes savaient qu'on ne laissait rien passer et qu'ils étaient traités avec justice. Et nous étions soucieux de leur donner les meilleures conditions de travail : bons emplois du temps, propreté des locaux, qualité de la restauration...
       Évidemment, il y a toujours des professeurs chahutés (le plus souvent à cause de leur faiblesse et/ou de leur incompétence) mais, dans ce lycée, cela n’a jamais été très loin car les élèves étaient tenus.
       Il y a aussi des élèves instables, caractériels, et des parents caractériels: il me fallait dépenser beaucoup de salive et me montrer intraitable sur les principes. Le respect des autres est la première règle de vie en société. Actuellement, beaucoup de jeunes n'ont pas de repères, ne font pas de différence entre le bien et le mal. Leur en a-t-on d’ailleurs jamais parlé ? Nous, nous osions leur demander de mériter notre confiance, leur parler de droiture et de dignité, et même de leur honneur.
       C’est, je crois, ce mélange de fermeté et d'exigences mais aussi d'humanité et de justice qui a fait la réussite du lycée. En 1998, il était le deuxième du Val-d'Oise pour les résultats au bac toutes sections confondues et le premier pour les résultats aux examens professionnels.

Q Quelle a été votre plus grande difficulté ?
       Un lycée en ZEP qui marche bien, cela étonne et contrarie tous ceux qui ne supportent pas l'autorité, même lorsqu'elle est au service de tous. J'ai dû faire face en 1997 à une crise aiguë dont toute la France a pu entendre parler. Une documentaliste nouvellement mutée d'un autre établissement a tenté une opération de censure des livres non politiquement corrects à son avis. J'ai appris, de son précédent proviseur, que cette personne, trotskiste, semble-t-il, avait sévi cinq ans dans son établissement : « 5 ans de tentatives de déstabilisation avec manipulation des élèves... »
       Elle fut soutenue par une poignée de professeurs (dont un membre du bureau du MRAP et des communistes, qui signaient courageusement des pétitions et dénonciation adressées à la presse sous le nom de collectif d’enseignants). Je m'opposai à leur emprise et fus, dès lors, l’objet d'une persécution sournoise, par quelques syndicats interposés. Car, là où les adhérents du SNES se comptaient auparavant sur les doigts d'une seule main, on vit fleurir une demi-douzaine de syndicats de gauche et d'ultra gauche, représentés chacun par une personne mais relayés à l'échelon départemental et national par des syndicalistes professionnels. La FEN ne se joignit pas à cette coalition. Il faut lui rendre justice. Le parti communiste et ses satellites : LICRA, MRAP, SOS Racisme, firent chorus pour dénoncer, sans les nommer, les ouvrages dont la documentaliste affirmait qu'ils étaient « racistes, fascistes , pétainistes, bellicistes, colonialistes, ultranationalistes, royalistes et révisionnistes quant à l'histoire de la France.» ( sic)
       Les conjurés faisaient régner une atmosphère de haine irrespirable dans la salle des professeurs, traitant de fascistes ceux qui avaient le courage de dire qu'il n'était pas d'accord.
       Ils ne réussirent jamais à convaincre la majorité de leurs collègues mais beaucoup se taisaient et désertaient la salle des professeurs.
       Il fut plus facile d'intoxiquer les élèves en répandant des tracts qui citaient des phrases isolées et sorties de leur contexte. C'est ainsi que Raoul Follereau fut présenté comme un raciste au moyen d'une citation truquée d’un écrit de 1937. Une grève des élèves fut organisée contre le fascisme et le racisme. Beaucoup de parents me téléphonèrent pour me prévenir de l'absence de leur enfant qui avait été menacé par des camarades s’il venait en classe ce jour-là.
       Le recteur mis au courant par mes rapports se montra d'une mollesse et d'une inaction suspectes.
       Il alla jusqu'à dire à la documentaliste qu'elle avait bien faite de dénoncer les livres qu'elle jugeait mauvais, sans se prononcer sur la validité de la démarche, eu égard aux noms d'auteurs concernés dont il avait pourtant la liste. Parmi ces auteurs, il faut citer : François d'Aubert, Élisabeth Bourgeois, André Castello, Jean-François Chiappe, Jean Delaunay, Jean-François Deniau, Jean-Paul Fitoussi, Marx Fumaroli, Alain Madelin, Alain Peyrefitte, Jean Raspail, Ronald Sécher, Guy Sorman, Pierre André Taguieff, Jean Tulard, Soljenitsyne, Jean-Marc Varaut, Wladimir Volkoff, Thierry Wolton…
       Le recteur délégua 7 inspecteurs dont 1 inspecteur général pour examiner les ouvrages. Ils n'y trouvèrent rien de répréhensible, et pour cause, mais leurs conclusions ne furent pas publiées. Il fallut la plainte de 23 écrivains, dont une douzaine de membres de l'Institut, puis un voeu solennel transmis au gouvernement par l'Académie des sciences morales et politiques « qui s'éleva contre des procédés dont firent usage les dictature hitlériennes et stalinienne » pour que M. Bayrou, alors ministre de l'éducation nationale (interpellé à ce sujet à la Chambre des Députés le 15 avril 1997) se décida à tancer le recteur et exiger que les livres bannis, environ 83/4500 soient réintégrés.
       Il y eut procès et la documentaliste fut condamnée aux dépens et au franc symbolique par quatre auteurs dont elle avait cité le nom dans une interview au Monde. Elle fut éloignée du lycée pendant un an à ma demande, par l'octroi à titre exceptionnel d'un stage de formation qu'elle avait sollicité mais auquel elle n'avait pas droit. Elle n'encourut aucune sanction disciplinaire malgré le rapport que je fis contre elle pour manquement grave à ses devoirs professionnels et, un an plus tard, un nouveau recteur la réintégra au lycée sous la pression des syndicats. Elle y recommença ses manoeuvres de déstabilisation, en jetant cette fois la zizanie parmi les agents de service. Elle échoua encore et, dépitée, demanda à partir ailleurs en juin 1999.

       Cette incroyable histoire, inimaginable dans un pays comme la France à la fin du XXe siècle, a été stigmatisée par plusieurs journalistes et écrivains dont Jean-François Revel.
Pour ma part, j'ai vécu là une expérience singulière... Comme un avant-goût du goulag.
       J'ai vu à l’œuvre le terrorisme intellectuel que certains osent maintenant dénoncer haut et fort.
       J'ai constaté, devant le mensonge le plus éhonté et la mauvaise foi la plus évidente, le courage de quelques-uns et la lâcheté du plus grand nombre, dictée par la peur. Oui la peur !
       J'ai souffert du lâchage de ma hiérarchie, à l'exception d’un Inspecteur d'académie qui a parfaitement compris la situation ; il m'a dit un jour : « On a voulu vous faire un procès de Moscou ! » J'ai déploré la facilité avec laquelle les jeunes se laissent manipuler, surtout ceux qui sont issus de l'immigration que le mot raciste suffit à faire bouger. Or, ils représentent le tiers de l'effectif du lycée.
       J'ai découvert que les organes de presse sont également manipulés. Il existe un réseau de correspondants de l'Agence France-Presse. (La liste est tombée un jour fortuitement entre mes mains avec leur numéros de téléphone). Or, la plupart des publications nationales sont prêtes à reproduire avec complaisance, sans souci de vérité, leurs communiqués, ceux d'ultra gauche.
       Pourtant, grâce au soutien de mon équipe, la majorité des professeurs, trop silencieux au début, et de parents d'élèves indépendants (la FGPE soutenant la documentaliste), j'ai résisté, évité la déstabilisation du lycée qui a continué à travailler, la grève des élèves ayant été sans lendemain. L'un des meneurs de cette grève, qui n'avait rien de spontanée, m’a dit, un jour : « Des profs nous disaient du mal de vous, même que ça nous plaisait pas trop. » J'ai tenu aussi et surtout grâce à la prière de ceux qui m’aimaient. Je suis sortie indemne de cette épreuve mais révoltée d'avoir vu des enseignants sacrifier leurs élèves à leur idéologie.

Q Est-ce que l'école transmet des valeurs, en plus des savoirs nécessaires pour l'insertion des jeunes dans la société de demain ?
       Je réponds non. L'éducation nationale est en pleine décomposition. Tout est à reconstruire. Elle ne tient encore debout que grâce au dévouement et à l'abnégation de beaucoup d'acteurs : professeurs, éducateurs, chefs d’établissements… mais le bateau fait eau de toutes parts.
- Les savoirs nécessaires à l'insertion dans la société de demain sont à redéfinir sérieusement, secteur par secteur. Les Valeurs fondamentales qui permettent à la société de tenir debout doivent être reconnues par l'école et courageusement imposées à une minorité agissante qui les dénie sans se gêner.
- Il faut restaurer l'autorité et la responsabilité du chef d'établissement, limitée par toutes sortes d'entraves.
- Puis redonner comme tâche principale aux professeurs la formation intellectuelle des élèves et limiter la promotion à l'ancienneté au profit du mérite.
- Enfin, rendre aux parents la responsabilité principale de l'éducation de leurs enfants et les sanctionner en cas de défaillance grave. ( A titre d’exemple, j'ai vu que les retraits partiels de bourse au prorata des absences, sont une arme efficace contre l'absentéisme.)
- L'école doit s'appuyer sur la famille et non se substituer à la famille, et le faire savoir.
- Enfin, les parents devraient pouvoir choisir leur école car il est vrai qu'il existe des établissements pourrissoirs où les jeunes apprennent à mépriser les adultes et où les plus faibles apprennent à subir la loi du plus fort.
- Il est vrai que les professeurs sont mal formés, voire déformés dans trop d'IUFM (institut de formation des maîtres).
- Il est hélas, vrai que la démagogie égalitaire et les idéologies soixante-huitardes continuent à faire la Loi au Ministère de l'éducation nationale.
       Cependant il y a partout des fonctionnaires honnêtes, des maîtres valeureux, qui ne demandent qu'à oeuvrer pour le bien des élèves et pour qui l'idéal du service public existe encore. Pour l'instant, ils sont démunis de moyens d'action et ne peuvent que chercher à sauver ce qui peut l’être. Cette situation ne pourra pas perdurer longtemps. En Grande-Bretagne, M. Blair a dénoncé récemment la « comprehensive education » et annoncé un changement radical. Aux États-Unis le gouvernement se propose de généraliser le « Voucher » chèque-formation, pour favoriser l'émulation entre les écoles. Le même genre de formule est en usage dans les pays nordiques. Pourquoi pas chez nous ?
       Ce qui manque, c’est la volonté politique.

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