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Le billet de la semaine
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Un "djihad" chrétien ? chiche !

     Le Coran incite au djihad, au sens d' "effort".
     Effort "sur soi", pour tendre vers la perfection : c'est le "grand djihad".
     Effort "sur les autres", en termes de combat : c'est le "petit djihad".
     Beaucoup de musulmans s'engagent dans le "petit" sans avoir fait le "grand"...

     De jeunes Français se convertissent à l'Islam et rêvent d'un ("petit") djihad en terres lointaines.
     Dans un terrain psychique favorable, tout est fonction du milieu familial et social, de lectures, de "découvertes" médiatiques, d'influences amicales, de circonstances ou rencontres exceptionnelles.

     Si nombre d'entre eux sont simplement portés par le goût de l'action, de l'exotisme ou de l'aventure, et certains (relevant de la psychiatrie) par celui de la poudre et du sang dans un sadisme morbide…, d'autres sont sincèrement en quête d'absolu, d'idéal et de don de soi. J'en ai connu.

     Comment se fait-il qu'à ceux-là le christianisme n'ait pas apporté de réponse ?
     Qu'il n'ait pas su proposer un sens à leur vie dans l'action généreuse, joyeuse, intense, désintéressée et …non-violente au service de tous ?
     Qu'il n'ait pas été en mesure de leur montrer le visage de Celui qui a dit "Viens et suis-moi" ?

     L'appel des muezzins et l'exemple des musulmans en prière lors de son voyage solitaire au Maroc avaient ramené un Charles de Foucauld sur le chemin de la Foi. Pour autant, sa conversion l'a conduit à un autre choix que celui de l'Islam.

     L'Eglise constate le petit nombre de jeunes à ses offices et regrette le manque de vocations. L'intervention de la Grâce est sans doute primordiale, mais une autre question se pose : quelle image de la vie chrétienne donne-t-elle à la jeunesse actuelle ?
     La remarque de St-Ex reste pertinente : "Une civilisation, comme une religion, s'accuse elle-même si elle se plaint de la mollesse de ses fidèles. Elle se doit de les exalter. De même si elle se plaint de la haine de ses adversaires. Elle se doit de les convertir."
     Comment une religion qui afficherait seulement une perspective compassée de renoncement, de contrainte, de pénitence, de mortification, de sacrifice, de culpabilisation et de crainte du Jugement pourrait-elle fasciner une jeunesse ardente ?
     Telle est, trop souvent, …à tort ou à raison, la représentation qu'elle en perçoit.
     Est-ce là l'essentiel de l'enseignement de son Maître ?

     "Un saint triste est un triste saint" ! Ainsi des Papes, des Evêques, des prêtres et des moines.
     Ainsi de leurs brebis : Nietzsche n'a-t-il pas dit qu'il aurait pu se convertir s'il avait vu des communiants regagner leur place avec un visage plus …rayonnant…?

     Au Vatican, le ton est donné. Au sein du clergé et parmi ses fidèles de nombreux signes d'espoir montrent la voie à suivre par l'Eglise entière dans le monde d'aujourd'hui tel qu'il est.

     Que les Messes du dimanche soient "rock and roll", "opéra" ou "grégoriennes" est secondaire : il s'agit d'un comportement au quotidien, sur le terrain, et avec tous les moyens de notre temps

     Car c'est bien d'un élan, total, et joyeux, dans la lumière d'une Charité sans limite qu'il faut parler aux jeunes ! Sans leur cacher qu'il peut, …aussi, les conduire au martyre accepté…

     Tel est le "djihad chrétien" à leur proposer. Les suites sont du domaine de l'Esprit…
Claude Roudeau, 25 janvier 2015