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Le billet de la semaine
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12/11/2014
Aux morts !
       Comme beaucoup de familles françaises, nous venons de rendre hommage à nos morts.

       C’est en effet la marque de la plupart des civilisations de célébrer la mémoire de ceux qui nous ont précédés. C’est aussi l’un des plus anciens préceptes bibliques « Honore ton père et ta mère », sous-entendu, « qu’ils soient vivants ou morts ».
       Ce faisant, à l’aide d’un bouquet de chrysanthèmes et, si nous sommes croyants, d’humbles mais ferventes prières, nous venons exprimer notre gratitude à nos parents directs pour leur amour et pour tout ce que suppose notre accompagnement jusqu’à l’âge adulte. Nous reconnaissons tout ce que nous leur devons, eux qui ont souvent accumulé pour nous un capital affectif (ce que j’appelle le capital bonheur), culturel et parfois matériel qu’ils nous ont transmis et qui a contribué ( dans les bons cas) à faciliter notre départ dans la vie.

       Au moins implicitement, cet hommage s’étend à nos ancêtres, qui ont aménagé la terre pour nous, qui ont parfois bâti une maison, qui ont en tout cas préparé, génération après génération, une partie de ce dont nous bénéficions aujourd’hui.
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       A la commémoration du 11 novembre, anniversaire de l’armistice qui a marqué la fin de de la première guerre mondiale, je salue aussi la mémoire des morts pour la France, notamment ceux de la période août - novembre 1914, période la plus meurtrière de la « grande guerre ».
       Comme le Lieutenant Péguy, ils étaient partis, tout juste mobilisés dans l’enthousiasme de la revanche. Le 22 août 1914, à Charleroi, Rossignol, et Morhange notamment, sous un soleil de plomb, nos soldats au pantalon rouge, épuisés par des marches forcées, vont brutalement aborder l’ennemi. Foudroyés par la puissance de feu allemande, 27 000 d’entre eux sont tués dans cette seule journée, soit autant que pendant les 8 ans de la guerre d'Algérie. (Près de 100 000 sont morts pendant le seul mois d'août 1914).

       Nos soldats d’aujourd’hui sont engagés en Afrique contre un autre type d’adversaire. Quand retentira le 11 novembre la poignante sonnerie « Aux morts », je penserai avec affection et reconnaissance à eux et à leurs grands anciens morts pour la France, il y a un siècle.
Jean Delaunay              

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