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Le billet de la semaine
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17/09/2014
La manipulation des esprits à travers les médias
      En réfléchissant après coup à nos échecs d’Indochine et d’Algérie, j’ai mesuré toute l’importance du facteur psychologique dans le maniement des hommes et des peuples, notamment en guerre.
      C’est ainsi que j’ai adhéré, dès sa création, à l’Institut de la désinformation qui analysait notamment les méthodes soviétiques d’action psychologique.

     J’ai eu souvent l’occasion de rappeler à nos amis de France-Valeurs que le KGB est à l’origine du mot « désinformation » et du procédé : c’est tout dire ! W. Volkoff la définit comme: " un arsenal de moyens (…) pour fausser chez l'adversaire l'appréciation de la vérité. »
     C’est sous ce dernier angle qu’elle participe chez nous à la guerre des cerveaux. Compte tenu du formidable impact des médias, elle contribue journellement à troubler nos jugements et à fausser nos esprits.
     Il y a bien des façons de désinformer. Le plus simple, c’est d’occulter partiellement ou complètement la vérité. Par exemple, la TV ne parlera pas d’un évènement politiquement incorrect.
     Elle peut aussi présenter les faits de façon orientée pour les besoins de la cause, soit en les sortant de leur contexte, soit en les commentant de façon partiale.
     Elle fait beaucoup appel à l’émotion, une photo-choc vaut ainsi tous les commentaires.
     Elle nous abreuve de faits divers pour détourner notre attention de l’essentiel qu’on veut soit nous cacher, soit minimiser.
     Depuis Beaumarchais, la calomnie reste l’arme de base dans la guerre des cerveaux. Même démentie, il en reste toujours quelque chose.
     La répétition est à la base de toute pédagogie. C’est pourquoi nous sommes souvent l’objet d’un véritable matraquage pour que le message finisse par rentrer. Des campagnes de désinformation sont orchestrées, avec des supports et sur des tons différents mais toujours sur le même thème.
     Il existe d’autres procédés classiques de manipulation de nos cerveaux: l’allusion, le soupçon, l’amalgame et surtout la dérision. Des émissions comme les Guignols de l’Info n’ont pas peu contribué à dévaloriser la politique aux yeux des Français…
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      Ceci rappelé, je viens de découvrir qu’un écrivain américain, Noam Chomsky, avait étudié de son côté les Stratégies de manipulation à travers les médias.
     Il dénonce, comme nous, le fait de distraire l’opinion par une accumulation de nouvelles de détail pour masquer l’essentiel.
     Il montre que les pouvoirs publics occultent un temps les problèmes pour justifier des solutions sévères (exemple : masquer la montée de la délinquance pour ensuite limiter des libertés).
     Face à des réformes qui seraient a priori mal accueillies, il note que les politiques les présentent souvent en dégradé ou en différé (quitte à les alourdir ensuite).
     Ils ont coutume, dit-il, de s'adresser au public comme à des enfants en bas âge comme s’ils cherchaient à nous maintenir dans l'ignorance et la bêtise et à encourager la médiocrité.
     Les médias ont coutume de faire appel à l'émotion plus qu’à la raison.
     Cela permet d’effacer ou de diminuer en nous le sentiment de révolte pour le remplacer par celui de culpabilité (air connu : plus que coupables, les délinquants sont des victimes de la société…)

     Il conclut en affirmant que, même en démocratie, le système politico-médiatique contrôle et façonne dans une large mesure l’opinion et détient un grand pouvoir d’action sur les individus.
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      A noter que le livre de Serge Tchakhotine « Le Viol des foules par la propagande politique », paru en 1939, décrivait tout cela en détails. Mais le gouvernement français a fait censurer son livre pour ne pas déplaire à Hitler. On connait la suite !
Jean Delaunay           

« La vigilance est le chemin du royaume immortel, la négligence, celui qui conduit à la mort ». ( Boudha)

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NB. Russe anti communiste émigré en Allemagne, Tchakhotine dénonçait les méthodes nazies. Son parti, le SPD, refuse d'appliquer ses procédés de contre-propagande, laissant la victoire au parti nazi.
Dès sa première parution en France, en 1939, des passages de son livre Le Viol des foules par la propagande politique furent censurés par le radical Georges Bonnet, alors ministre des affaires étrangères par crainte de provoquer Hitler et Mussolini. Le livre parut ensuite sous sa forme d'origine. Mais deux mois après sa parution, alors que la guerre était déjà déclarée, la police de Paris faisait une rafle du livre dans les librairies. En 1940, les Allemands le confisquèrent et le détruisirent.

Billet 97