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Le billet de la semaine
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10/09/2014
Réflexions d’actualité sur l’éducation

      C’est peu dire que la question des rythmes scolaires agite les esprits à l’occasion de la rentrée.

     En ce qui me concerne, je crois que la personne humaine est un tout : un corps et une âme, un cœur, un esprit et un caractère. En conséquence, l’éducation du petit d’homme devrait prendre en compte toutes ces dimensions. L’éducation au sens littéral (e-ducere) , consiste en effet à le « conduire hors » de la sauvagerie, de l’ignorance, de la paresse… pour son bien et celui de la société.

     Dans ces conditions, réserver une part du temps des enfants à des activités extra ou plutôt péri scolaires me parait une initiative à saluer. Je crois notamment à la formation du caractère à travers l’activité physique : j’ai bénéficié pendant mes études secondaires d’une séance quotidienne de gymnastique sportive. Plus tard, le parcours de combat m’a révélé à moi-même. Je serais donc partisan d’introduire une part accrue d’activité physique dans les emplois du temps des petits, des ados et des étudiants.

     Je crois aussi à l’importance de ce que les anciens appelaient la leçon de choses. A l’heure où les bambins de 3 ans tapent sur un jouet électronique et ne connaissent le poisson que surgelé, il est fondamental de leur faire expérimenter comment la graine germe et donne des pousses, comment l’eau courante peut entrainer une aube, comment le soleil réchauffe mais peut brûler, comment un levier aide à soulever un poids lourd… Plus tard, l’initiation au jardinage et au bricolage, en attendant les stages ouvriers pour les grands jeunes, seront utiles à tous, surtout aux futurs énarques…

     En ce qui concerne les méthodes pédagogiques, compte tenu de l’échec patent des autres procédés d’enseignement de la lecture, je crois, comme beaucoup de professeurs, à la nécessité de revenir à la vieille méthode syllabique.

     Je veux aussi souligner l’importance de l’entrainement de la mémoire. La mienne m’a rendu bien des services. Je l’ai acquise à travers l’exigence rigoureuse d’un professeur de lettres que j’avais gardé plusieurs années en changeant de classe et qui nous obligeait à apprendre par cœur non seulement de nombreux morceaux de la littérature française mais aussi le texte originel des versons latines et grecques hebdomadaires.

     Je crois enfin à l’importance de l’expression écrite. Au moment où la filière du bac C est choisie par la plupart des bons élèves, je déplore que trop d’entre eux devenus des cadres aient du mal à écrire une note, un rapport ou un mémoire en bon français. Cela nuit à la compréhension de leur pensée et peut rebuter certains dirigeants qui , face à un problème, risquent ainsi de se priver ainsi de bonnes idées.

     Ma remarque vaut d’ailleurs aussi pour l’expression orale. A cet égard, je garde un souvenir marquant des quelques leçons d’apprentissage de la télévision que j’ai pu prendre avec des professionnels quand je suis devenu CEMAT. Acte 1 : vous avez 10 minutes pour présenter un sujet qui vous est familier, en l’espèce le service militaire. Acte 2 : dites la même chose en 3 minutes. Acte 3. A la fin d’un débat, vous devez laisser un message d’une phrase à l’auditoire : dites-la !
C’est là un exercice très éprouvant (surtout pour l’orgueil quand le magnétoscope vous renvoie votre image et votre discours) mais très instructif.
***

     J’arrête car je pourrais écrire un nouveau livre là-dessus. A bas le piquet et le bonnet d’âne mais vive une certaine rigueur !
Après tant de preuves de laxisme éducatif, la suppression des notes (décidée en haut lieu ) me paraît une folie, typique d’un démagogique nivellement par le bas. Educateurs, sachez sourire et faire sourire mais soyez rigoureux. Comme moi, vos élèves vous en remercieront !

Jean Delaunay