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Le billet de la semaine
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22/01/2014
Prenons conscience de nos responsabilités
par Nicole de Buron

«Un homme averti en vaut deux», assure la sagesse populaire ! Estimé à cette aune, combien peut valoir un homme conscient de lui-même ? Entendons par là, lorsque l'expérience de ceux qui nous ont précédés nous a permis d'apprécier Ies dangers et les embûches qui parsèment la vie d'un homme, et que l'état dans lequel se trouve le monde où il nous est donné de vivre aiguise en nous la certitude qu'il va nous falloir le changer, nous sommes doublement à même d'estimer nécessaire le passage à l'acte.
Mais le passage à l'acte de qui ? Des responsables politiques, des décideurs économiques, des représentants syndicaux, du maire de notre commune, de certains responsables associatifs, des foules prêtes à descendre dans la rue et à y rester ? De nous, de moi, des anonymes qui nous entourent et qui, pour la plupart partagent avec nous le même diagnostic et les mêmes craintes ? Au fond de nous-mêmes, avec cette lucidité particulière propre au peuple de France, nous savons très bien que la situation que nous subissons depuis trop longtemps, avec trop d'amertume, ne trouvera de solution que par le truchement de chacun d'entre nous. Parce que nous sommes des citoyens, parce que nous aimons notre patrie, parce que nous ne pouvons plus nous en remettre éternellement aux autres pour faire, à notre place, ce qui relève de notre responsabilité. Parce que la situation est grave, pour ne pas dire désespérée, nous ne pouvons plus nous contenter de vivre uniquement pour nous-mêmes et ceux qui font partie de notre «clan».

Au niveau de notre famille, de notre profession, de notre commune, de nos associations, dans les lieux et domaines où nous avons autorité parce que nous avons compétence, il nous faut aujourd'hui prendre conscience de nos responsabilités.

Prendre conscience comme l'on fait un examen de conscience, avec lucidité, honnêteté et courage, en se disant que personne ne fera à notre place ce qui ne tient qu'à nous de faire, et en renonçant une fois pour toutes à la litanie des mauvaises excuses qui, jusqu'à présent, nous avait permis de rester confortablement à cultiver notre propre jardin !

Prendre conscience de ses responsabilités, c'est prendre conscience de son pouvoir, ou plus exactement de ses pouvoirs. Car nous ne sommes pas des combattants aux mains vides. Si nous assumons en plénitude la totalité des «devoirs d'état» qui nous incombent... par état, nous avons entre les mains de nombreux pouvoirs à tous les niveaux de nos activités et de nos responsabilités. A nous de les exercer et de les utiliser pour faire circuler une parole de vérité, pour expliquer et montrer comment se refait une société digne de l'homme, en commençant par la base.

Car assumer ses responsabilités, c'est être libre et libérer les autres. C'est reprendre en mains ces pouvoirs qui nous appartiennent et que l'Etat-Providence, qui devient chaque jour davantage un Etat-Gendarme, nous vole sans vergogne depuis des décennies. Ce n'est pas à l'Etat de gérer les finances et le savoir-faire de nos professions; ce n'est pas à l'Etat d'éduquer nos enfants; ce n'est pas à l'Etat de gérer et de politiser nos communes; ce n'est pas à l'Etat de s'immiscer dans l'amour qui unit les hommes et les femmes et de gérer les fruits de leur amour...
Nous le savons tous, et parce que nous sommes bien placés pour le savoir, c'est à nous, à chacun d'entre nous, de reprendre en mains ce qui nous a été dérobé afin de le faire fonctionner correctement pour le plus grand bien du plus grand nombre.

Mgr Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France, rappelait récemment que les catholiques doivent sortir des sacristies pour s'en aller assumer les charges de la société ; rejoignant en cela ce qui a été rappelé par Mgr Laffitte et Mgr Aillet lors du Colloque Catholiques en action d'octobre 2013. Cet enseignement de l'Eglise est confirmé aussi bien par les leçons de notre histoire que par les nécessités de l'heure.

Lorsque c'est l'évidence qui parle et que les circonstances de l'heure ouvrent grandes les portes pour agir, «Y'a plus qu'à l'faire» comme le dit avec un grand sourire la plus jeune de mes filleules.
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Paru dans Permanences (‘ICHTUS) de novembre 2013

La revue Permanences