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Le billet de la semaine
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23/10/2013
Réflexions sur l’état du monde à partir de trois petites observations
Par Jean Delaunay       

       J’habite Versailles, ville considérée comme privilégiée. Ce matin, j’assistais pourtant à une manifestation bruyante mais calme, d’immigrés apparemment africains sans doute clandestins, qui réclamaient, sur fond de tam-tam, qu’on régularise leur situation de façon à avoir droit au logement et au travail.

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      A midi, lisant le bulletin municipal, je constatais, à la rubrique naissances, que près d’un tiers des noms des bébés déclarés ici ce mois-ci portaient des noms à consonance exotiques.
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      L’après-midi, j’allais rendre visite à une amie malade dans un hôpital privé et je n’y rencontrais comme agents de service que des noirs. J’avais fait personnellement la même constatation comme patient récent dans un grand hôpital public où d’ailleurs je n’avais eu qu’à me louer de la gentillesse et de l’efficacité de ces personnes.
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      Au chevet de mon amie, je rencontrais l’un de ses fils. Ingénieur de formation, il travaille aux Etats-Unis depuis plus de 20 ans. Il y a très bien réussi, au point de devenir - quoique étranger - d’abord directeur d’usine, puis patron d’un groupe d’usines implantées dans plusieurs pays du monde, notamment en Russie, au Japon, aux USA et dans d’autres pays. De ce fait, il voyage beaucoup mais, père de 5 enfants et très engagé dans des mouvements associatifs chrétiens, il a gardé les pieds sur terre et une grande simplicité d’abord.
      Les soins dispensés à sa maman nous ayant valus d’être chassés de sa chambre, je lui demandais tout à trac : «Vous qui parcourez dans tous les sens notre planète mais qui avez le temps et le goût de la réflexion, quel est le problème qui vous préoccupe le plus s’agissant de l’avenir du monde et de celui de vos enfants ? » Il m’a répondu. « Je ne suis pas inquiet pour l’avenir de nos enfants. Ils ont la chance de bénéficier outre atlantique d’une bonne éducation dans des établissements réputés et, sauf accident, ils se retrouveront parfaitement bilingues, sur un bon tremplin de départ.
      Cela dit, ce qui m’inquiète, c’est précisément ce décalage monstrueux entre notre situation de nantis vivant dans un pays riche où la proportion de vieux grandit et celle de milliards d’êtres humains, la plupart jeunes, qui n’ont rien, même pas la sécurité au quotidien mais qui, fait nouveau, savent comment on vit chez nous.»

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      C’est évidemment la réponse que j’attendais, la rapportant notamment à mes observations du matin.
      Je m’indigne cependant de ce que ce problème gigantesque ne soit pas d’avantage évoqué lors des G8 et autres G 20 ni lors des interventions télévisées de nous gouvernants.
      Symptôme de l’autruche ou désir d’éviter les sujets qui fâchent ?
      Les deux probablement, alors que faux problèmes comme la diffusion du gender à l’école sont eux à l’ordre du jour.
       A nous d’intervenir pour que ce qui engage l’avenir du monde soit regardé par le grand bout de la lorgnette avec réalisme, avec rigueur et avec générosité.
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