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Le billet de la semaine
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De la Savoie au Pérou
20/09/2006

       La chute de pierres est l’un des dangers de la montagne. On recommande donc aux alpinistes de faire attention en posant leurs pieds pour ne pas déclencher la chute d'une pierre qui en entraînerait d'autres et pourrait provoquer un accident en dessous d’eux.
      Celui qui est survenu hier à côté de chez moi scandalise la population. Un grimpeur a déclenché une chute de pierres dont l'une est venue frapper une jeune femme en pleine tête, la blessant grièvement. Au lieu de participer aux secours, ce montagnard sans honneur s'est enfui par un autre itinéraire, probablement pour ne pas avoir d’ennuis en étant accusé d'être l'auteur (involontaire) de l'accident.
      Comme quoi, la montagne, théâtre de toutes sortes d'actes de courage et de dépassement de soi peut également être le lieu de la pire des lâchetés humaines…
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      Dans le même temps, l’un de mes petits fils m’écrit du Pérou où il est allé reconnaître la mission humanitaire à laquelle il envisage de consacrer un an avant de rentrer dans la vie active.
      A l’aérodrome, il cherche un taxi susceptible de le déposer dans ce bidonville réputé mal famé où siège la mission. Tous refusent, l’un accepte finalement en l’avertissant qu’il sera sans doute détroussé dès sa descente d’auto. A l’arrivée (sans encombres), il trouve cinq jeunes chrétiens qui animent le centre d’accueil « Point Cœur ».
      Dans une atmosphère de prière, de gentillesse et de pauvreté, ces volontaires accueillent ceux qui viennent à eux : enfants, handicapés, jeunes drogués ou violés, bref, tous les types de souffrants possible.
       « Ils sont d’une disponibilité étonnante et d’une écoute intarissable. Bien sûr, ils sont là pour ça ; mais, après une semaine passée avec eux, je mesure la force de caractère qu’il leur faut pour tenir le coup. Accueillir les parias d’une société, sans rechigner, alors que qu’eux-mêmes sont épuisés par l’ambiance, le climat et les privations... Y a quelque chose!
       En plus, chaque semaine, plusieurs d’entre eux se rendent chez les petites soeurs de Mère Théresa ( la hogar de la paz) au coeur d’un autre quartier dangereux de Lima, pour donner un coup de main à ces "femmes en sari" qui recueillent des enfants abandonnés et handicapés et des personnes âgées et dépendantes. Les enfants leur sont confiés dès le berceau et la plupart ne les quitteront que s’ils sont adoptés (pour les chanceux) ou si on leur trouve un endroit stable où aller.
       Ce qui m a le plus touché, c’est le calme qui règne dans cet univers de souffrance (J’ai vu des enfants avec des déformations physiques impressionnantes). C’est aussi la douceur et la chaleur rayonnées par ces petits bouts de femmes au sourire éclatant.
       Les bénévoles, qui viennent du monde entier sont, eux aussi, habités par cette atmosphère de joie, de compassion, de prière... J’en suis ressorti retourné. »
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      Si j’ai tenu à signaler la mauvaise action du premier épisode, c’est pour mieux mettre en valeur cette forme moderne d’héroïsme. Dans les deux cas, en tout cas, il me semble qu’il y a matière à méditation.
Jean Delaunay

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