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Le billet de la semaine
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A propos de l’enseignement de la morale à l’école
19/09/2012
      Quand j’ai appris que le Ministre de l’Education nationale voulait rétablir l’enseignement de la morale à l’école, je me suis réjoui…Et puis j’ai regardé hier une émission télévisée sur le sujet et j’ai réalisé, en écoutant les commentaires de quatre experts, que l’application de la mesure dans le contexte actuel n’irait pas de soi.

      Des questions étaient posées qui restaient sans réponse. Quelle morale enseigner ? Une morale laïque évidemment mais laquelle ? Qui sera chargé de cet enseignement ? Les enseignants sont-ils qualifiés, à travers leur vie professionnelle et privée, pour le faire ? L’éducation nationale étant désormais majoritairement féminisée, la morale ainsi dispensée n’apparaitra-t-elle pas, notamment aux garçons, comme une affaire de bonnes femmes ? Alors que l’école est chargée de transmettre des savoirs et les parents d’éduquer, quid des rapports à cet égard entre famille et école ?
      Est-il opportun d’inventer des cours de morale (théorique) alors qu’il s’agit surtout d’orienter les comportements de chaque enfant au quotidien et de lui faire comprendre pourquoi ? …
      Et, en finale, la grande question soulevée par un téléspectateur. Ne faudrait-il pas aussi et surtout enseigner la morale aux adultes ?

      J’en ai quand même tiré certaines conclusions de bon sens.

      Oui, compte tenu de la perte générale des repères et notamment de la violence qui règne dans notre société et qui n’épargne pas l’école, (et bien que le mot ne soit guère politiquement correct, même corrigé en morale laïque) et même si l’on n’ose pas encore évoquer des notions de base comme le Bien et le Mal, il serait urgent de réinventer un enseignement minimum ( J’allais dire utilitaire ) de la morale.

      C’est a priori la responsabilité majeure des parents mais l’on a fait valoir que cinq millions de nos enfants étaient élevés dans des milieux où la survie est prioritaire et où l’on a guère ce genre de préoccupations. Il faut donc que l’école prenne le relai et ce, dans l’intérêt général : celui du vivre ensemble dans la paix.
      A cet égard, l’enseignement de la morale rejoint celui du civisme.

      La valeur qu’il me semble nécessaire de faire redécouvrir en priorité, c’est le respect : respect de soi-même (hygiène, vêtement, nourriture et boisson…), respect de l’autre (notamment des femmes et jeunes filles, des parents, des anciens, des professeurs…), respect du bien commun (la rue, le parterre du jardin public, la banquette du train, la cabine téléphonique, l’ascenseur du HLM…), respect de la Loi ( à commencer par celui des feux rouges…), respect de la nature, et notamment respect du silence… et finalement respect du Sacré sous toutes ses formes (à commencer par la vie humaine et en continuant par les convictions et la culture de l’Autre, ce qui dépasse la simple tolérance).

      De cette redécouverte découleront un certain nombre d’attitudes complémentaires telles que la politesse, la discipline scolaire, et même, comme l’a opportunément suggéré l’un des intervenants d’hier, le bon usage de la langue, d’où seraient à bannir les injures, les mots grossiers et ces interférences fâcheuses du verlan et du vocabulaire SMS.

      A qui confier cet enseignement à l’école ? Je réponds sans hésiter à tout le monde, depuis les enseignants en titre jusqu’à la serveuse de la cantine et autres personnels de service.

      Il s’agit en effet d’une transmission basée, d’une part, sur l’exemplarité et, d’autre part, sur la réaction à des situations concrètes.

      Dans ces conditions minimales (L’on verra plus tard si l’on peut revenir au catéchisme laïc des Hussards noirs de la République !), je souhaite bon vent à la morale à l’école.
Jean Delaunay            

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