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Le billet de la semaine : 18 juillet 2012
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Après le 14 juillet : ne pas désarmer
25/07/2012
      Au lendemain du 14 juillet où nos armées ont été à l’honneur, certains hommes politiques prétendent, une fois de plus, faire des économies sur le dos de la Défense. Ancien chef de l’armée de terre, je juge important de diffuser des extraits de la lettre de l’association de soutien à l’armée française, texte qui correspond pleinement à ma vision des choses.
Général d’armée Jean Delaunay (en 2° section), président de France-Valeurs
Des choix déterminants pour l’avenir
      Dans un contexte budgétaire très contraignant, certaines voix, proposent de réduire encore le budget militaire . C’est ignorer la situation internationale, l’état de nos armées et les conséquences à court et moyen termes d’une telle décision sur nos capacités opérationnelles et notre crédibilité.
Le niveau et la cohérence des capacités militaires n’ont rien à faire des querelles politiciennes ou de la couleur des uniformes. Elles fixent de façon durable la place que notre pays veut occuper dans le concert des nations et déterminent son degré d’indépendance et sa volonté de rester libre. Le Livre blanc la sécurité nationale, dont la révision vient de commencer, doit réévaluer les menaces qui, à l’évidence, n’ont pas diminué. Il doit fixer les moyens militaires à posséder aujourd’hui et à développer pour demain. Alors pourquoi déjà parler de réduction ?

Des solutions séduisantes mais dangereuses
      Deux pistes sont avancées pour la justifier: la Défense européenne et la réduction du format.
Encore faudrait-il qu’une politique européenne existât, ce qui n’est pas le cas. Dès lors comment intégrer une Défense européenne avec une politique qui n’existe pas ? Si nous pouvons et devons renforcer nos coopérations, il est dangereux de faire croire que cette perspective nous dispense de faire des efforts. En effet, nous devons disposer de capacités nationales pour faire face aux crise dans lesquelles nous voudrions agir seuls :
territoire métropolitain, DOM-COM, pays avec lesquels des accords de défense ont été signés… Ces capacités doivent en outre nous permettre de conserver une position de leader en Europe avec l’Allemagne et la Grande Bretagne.
Aujourd’hui, l’état de nos forces ne nous permet pas de remplir correctement ces deux conditions. L’autre illusion est de réduire encore les effectifs des armées.
Si certaines évolutions techniques peuvent permettre de gagner ici ou là quelques postes, des besoins nouveaux nécessitent des effectifs supplémentaires. C’est donc davantage un redéploiement de certains effectifs plutôt qu’une réduction qui doit être envisagé. En fait, au terme de la déflation en cours depuis 2009, l’armée française atteindra avec 225 000 hommes un niveau historiquement bas. Ses effectifs seront alors inférieurs à ceux des forces de sécurité intérieure.

Ne pas sacrifier les effectifs restants
      Les effectifs de l’armée ont atteint un seuil critique. Passer en dessous signifiera ne plus disposer de l’éventail complet et au meilleur niveau des compétences indispensables. La conduite d’une opération militaire exige hommes entraînés. Il est hors de question de « projeter » des forces qui ne seraient pas au niveau. Mais pour 15 000 hommes déployés, il en faut 6 fois plus en cours de recrutement, de formation et d’entraînement ou au repos, après le retour d’opération. Trop de stratèges déclarés et d’experts autoproclamés ignorent ces réalités.

Un devoir pour demeurer nous-mêmes
      Le 14 juillet, nous serons à juste titre fiers de vivre encore dans un pays dans lequel des hommes et des femmes sont prêts à sacrifier leur vie pour lui garantir son indépendance. L’armée qu’ils forment cultive des vertus d’honneur, de courage, de discipline et de fraternité qui pourraient largement inspirer l’ensemble de la communauté nationale en ce temps de crise, et lui donner l’exemple de la cohésion.
      Aussi est-il du devoir des responsables politiques d’aujourd’hui de donner à ces soldats les moyens leur permettant de remplir les missions qui leur sont confiées, dans les meilleures conditions.
      Il est aussi du devoir de ceux qui en ont conscience, civils et militaires, d’y veiller et de l’exiger si nécessaire. Il y va de l’intérêt supérieur du pays et des générations à venir. L’Honneur et l’Histoire, autant que le bon sens, le commandent et nous obligent.
Lettre de l’ASAF
Juillet 2012