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Le billet de la semaine : 18 juillet 2012
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Médecins français en mission temporaire au Cambodge
18/07/2012
      Je suis médecin hospitalier, anesthésiste-réanimateur, spécialiste en ORL. Un soir, je reçois un coup de téléphone : « Voulez-vous venir avec nous comme médecin anesthésiste pour une mission chirurgicale au Cambodge ? Sans votre présence la mission risque d’être annulée… » Une fois réunis les tenants et aboutissants de cette affaire, j’en ai parlé à mon épouse. Il s’agissait de discerner pour répondre à cet appel ; cette vocation (étymologiquement, la vocation est un appel : en latin vocare = appeler)).

      Il y avait, à la fois, le côté médical et technique attirant pour le spécialiste hospitalier que je suis, le versant «aventure» sans trop savoir ce qui pouvait bien se passer là-bas en l’absence d’infrastructure sérieuse mais surtout, pour un chrétien, ce volet «service» qui fait l’essence de notre métier de soignant : Donner constitue l'un des grands fils rouges du Discours sur la Montagne.

      Et en matière de Béatitudes j’ai pu me rendre compte sur place qu’ils en connaissaient un rayon : démunis de tout depuis la terrible dictature des Khmers rouges (près de 2 millions de morts dans une guerre fratricide décimant un cinquième de la population). A la campagne, les champs et les forêts restent infestées de milliers de mines antipersonnel. Les paysans en sont parfois réduits à vendre leurs enfants comme domestiques ou prostitués. A Phnom Penh, des milliers d’enfants abandonnés vivent sur une immense décharge publique qu’ils fouillent de l’aube à la nuit, sous la pluie et la chaleur tropicales, terreau idéal pour toutes les infections, notamment otites dégénérant souvent et risquant de provoquer la surdité. Notre objectif est précisément d’intervenir, tous les 6 mois pendant 15 jours, dans le domaine ORL.

      Cela dit, Les Cambodgiens sont « heureux » d’un rien. Et l’aide sur place qui peut leur être apportée est, au-delà de l’aspect humanitaire, la meilleure façon de leur permettre de retrouver la stabilité, le bonheur et la dignité, bref un peu «humanité». C’est en allant chez eux que l’on peut le mieux les aider car l’argent ne suffit pas … et tout le monde connaît, hélas, les détournements des aides financières mal contrôlées !

      Alors ce fut le « plongeon » ; un OUI sans retour ni regret qui depuis des années, me remplit de joie intérieure et de paix. Le «merci» de nos patients vaut bien l’amputation de nos vacances, les 10.000 Km qui nous séparent de chez nous et le budget (personnel) que chacun des membres de l’équipe accepte de verser pour le voyage et la subsistance sur place.
Si un jour on me demande « Pourquoi le Cambodge ? « Je répondrais : « C’est que le Seigneur a besoin de toi ». (Luc 19, 30-31)

Docteur JF LORIFERNE, Président de l’association AS-EAR (www.as-ear.org)

PS Nous nous sommes fixés trois règles fondamentales :
1 - une approche pragmatique des besoins
Nous nous appuyons sur un partenariat local. Lui seul justifie et permet notre intervention.
2 - viser l’autonomie, Eviter l’assistanat
Des personnes compétentes sont envoyées sur place en qualité de volontaires pour former du personnel médical issu de la population locale, avant de se retirer.
3 - Un chantier de solidarité ouvert à tous
Le but est d’instaurer une aide qui permette un enrichissement mutuel dans le partage du travail.
ASEAR - Association Loi 1901 de lutte contre la surdité au Cambodge
Cabinet médical - 18 rue St Ferdinand - 75017 Paris -
Tel 01 40 68 98 98 - Email: contact@as-ear.org