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Le billet de la semaine : 11 juillet 2012
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LA FRANCE FIDELE A SON DESTIN (suite)
Avant-propos

      « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire»
(George Orwell)
« Ni talon rouge ni bonnet rouge. Je ne veux en France ni jacobins ni royalistes. Je ne connais plus de partis. Je ne vois en France que des Français.» (Bonaparte 1er Consul)
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      Il est regrettable, mais peut-être inévitable, que la colère du peuple ne puisse intervenir qu'après une longue période de soumission, de démission, de renoncement, qui encourage l'imposture politique installée dans la place.

      Comment sortir de l'impasse, en dehors des ambitions personnelles ou partisanes ?
      En effet, les partis politiques, placés dos à dos ou face-à-face, sont incapables de se libérer de la répulsion ou de l'attraction morbide que chacun éprouve vis-à-vis de l'autre. La veille d'une élection présidentielle ne fait qu'exciter les faux-semblants, les surenchères faciles et les mensonges convenus. Tout est bon pour l'emporter sur l'autre et non pour sortir le pays de l'ornière. Les démons de la démagogie se déchaînent dans une lutte de Jocrisses, qui fait regretter le combat des Titans d'autrefois. Il faut savoir que tout est possible, même et surtout le pire, si le jeu malsain d'une fausse alternance recommence. Il ne faudrait pas permettre aux pyromanes de se transformer en pompiers.
      Après une longue période de tromperie, on ne peut plus se contenter de reconstruire le pays comme en 1945 ou de réhabiliter «un État qui en soit un» comme 1958. C'est une véritable mutation qu'il faut engager, non pas seulement sur le plan des institutions mais par rapport aux comportements individuels et collectifs. Il ne s'agit pas d'une rupture mais d'une réelle conversion socio-politique, car nous devons changer sans renoncer à notre passé. La crise mondiale ne doit pas servir d'alibi camouflant les responsabilités gouvernementales. On sait bien que cette épreuve est une punition méritée par les États, les milieux financiers et les experts, incapables de démêler le vrai du faux et de dissiper le brouillard qui entoure les sommets internationaux, dont l'utilité se résume souvent à la photo de famille de complices satisfaits. La crise ne peut pas réduire ni exonérer la responsabilité des gouvernements, elle l'aggrave plutôt car il appartient à chaque État de faire les réformes exigées, afin de se redresser pour faire face à la tourmente. Cela revient tout simplement à travailler en regardant au-delà et au-dessus des minuscules échéances électorales et à préserver la valeur morale suffisante pour entraîner la confiance du peuple.
      Lorsque la tempête est là, les partis politiques, qui ont fait leurs preuves les uns et les autres, doivent céder la place à une équipe gouvernementale de grands serviteurs de la nation, placés au-dessus de la mêlée électorale et à l'écart de tout soupçon, conformément aux souhaits du peuple souverain. L'union nationale se trouve dès lors en charge du salut public.
      Peut-on attendre ou peut-on espérer une révolution pour se libérer de ces sables mouvants ? Certes un clash explosif permettrait d'agir avec les mains plus libres et de frapper un grand coup.
De nos jours le peuple avili, méprisé, paupérisé et surtout anesthésié , tel Gulliver à Lilliput, ce géant est fixé au sol par d’innombrables filins, notamment le confort relatif d'un mode de vie pourtant éphémère et la possibilité de se débrouiller tout seul en profitant de l’assistance pour les plus démunis et du mauvais exemple venu d’en haut.
      Le Deus ex machina révolutionnaire n'arrivera pas facilement. Au surplus il est inutile de s'adresser aux élites actuelles, politiques ou médiatiques, pour trouver des remèdes aux problèmes de la société française, car ces élites, ou plutôt ces oligarchies, ne sont plus républicaines et profitent à titre personnel du désordre grandissant pour accroître leur vilaine petite rente.
      Toutefois, si la classe politique persiste à ne pas comprendre qu'il n'est plus temps de parader et que la foire aux vanités est terminée, un mélange explosif peut se produire : l'aggravation du chômage massif, la réduction drastique des ressources financières de chacun, le scandale flagrant des inégalités croissantes, les turpitudes étalées sans honte, le coin de l'Islam enfoncé dans la nation, le tout sur fond de crise de l'euro dans une Europe défaillante. Si on ajoute l'électrochoc d'une réduction sévère de la notation de la France et la menace d'une banqueroute financière, alors un tel amalgame peut servir de détonateur permettant le changement de société politique. Le mensonge d'État ne pourra pas résister à la persistance des faits économiques plus têtus que jamais.
      De même que le Titanic ne pouvait pas éviter l'iceberg par de légères modifications du cap, de même on ne pourra pas éviter une révolution, au plein sens d'une remise en orbite.
      Si nous voulons retrouver la paix civile républicaine, car la pression extrémiste est placée en embuscade, il nous reste donc à préparer cette révolution pour qu'elle soit aussi pacifique que possible. À cet effet il faut apprendre à dire non, à dire stop, à la mort de l'État républicain, déjà annoncée en 1947 par Michel Debré, et qui est bien avancée aujourd'hui.
Le désir d'agir dans ce sens constructif existe dans la nouvelle génération, mais notre pays, comme la Chine communiste d'antan, reste conduit par des gérontocrates (quelle que soit leur fausse allure d'hypocrites vieux beaux).
      Ce sera alors le moment de vérité pour prendre conscience que l'on a touché le fond et qu'il faut remettre l'honnête homme au centre de la vie sociale et publique. Il faudra du temps, cinq à dix ans, pour qu'un gouvernement d'union nationale, libéré du carcan des partis politiques, aide la France à sortir du marécage et à retrouver la voie de son destin.
      Le redressement passe par plusieurs étapes de prise de conscience :
    • Un constat : le mouvement des réformes ne marche pas et l'imposture défigure notre vie publique.
    • Un besoin de changement et de retour à l'esprit de la République.

    • Des propositions concrètes pour la sauvegarde de nos institutions.
Paul Bernard
Préfet de région honoraire
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Avant-propos du livre « La France fidèle à son destin »
de Paul Bernard
éditions Economica 18 €