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Le billet de la semaine
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L'art de (bien ou mal) gouverner.
20/06/2012
      L'expérience de ma vie me donne quelques grilles de lecture des comportements. Aujourd'hui, je voudrais vous entretenir de l'art de gouverner.

La position centrale de toute hiérarchie est celle du chef (cap ou tête). Cette position, la plus élevée, est aussi la plus regardée, critiquée et enviée : chacun rêvant de devenir calife à la place du calife. (Lequel, en général, rêve d'être lui-même super-calife… pour ne pas dire Dieu sur terre….)

      L'art de bien gouverner, suivant les conseils de St Paul, ce serait d’abord d'adopter le principe de subsidiarité .
(Que le chef laisse chaque échelon hiérarchique faire bien son travail dans son domaine et n’intervienne qu’en cas de nécessité absolue.)
      Ensuite, non seulement de respecter les autres membres du groupe mais aussi de les regarder et les traiter avec bienveillance. Leur montrer un visage serein reflétant le calme et la simplicité.
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      A cet idéal s’oppose la mauvaise gouvernance (très à la mode) basée sur six « principes» malsains :

1/ Avoir une haute idée de soi, être animé par une ambition démesurée. Faire sentir sa supériorité aux autres, ne serait-ce que par son attitude.
2/ Se susciter ou tolérer autour de soi une cour d'idolâtres.
Se réjouir d’entendre des flatteries et les prendre au sérieux.
3/ S’entourer d'hommes et de femmes sans envergure dont le mérite principal soit d'être moins intelligents et d’avoir moins de personnalité que le chef.
      Ils se constitueront à leur tour une camarilla calquée sur le schéma initial qui se reproduira ainsi à l'infini.
4/ S’arranger pour polariser toute l'attention sur soi et sa cour.
5/ Diviser pour mieux régner ; ne pas tolérer que quelqu’un soit en désaccord avec soi. Au besoin, faire courir des rumeurs sur les gêneurs potentiels pour justifier leur mise au placard.
      Tout collaborateur même lointain doit faire allégeance totale au chef.
6/ Ne pas se mouiller, encore moins se salir les mains. Par exemple, faire exécuter les sanctions et autres sales besognes par des subordonnés.
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Gouverner ainsi, c’est la certitude pour le chef et son entourage d’être rejetés. Et pourtant, regardez autour de vous, et vous serez surpris du nombre de « chefs » qui se comportent ainsi..
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      Un de mes étudiants m'interrogeait sur la manière de grimper dans sa future profession.
      Je lui indiquais deux voies :
- La voie royale, étroite, exigeante en éthique, souvent lente et toujours, basée sur le travail, les efforts d’adaptation et d’innovation et une attention portée à chacun car on ne monte jamais seul.
- La seconde est la voie malhonnête : flatter les chefs, dénigrer les collègues auprès des supérieurs, relever leurs défauts et de les décrire à partir de leur faiblesse,
-Utiliser avec intelligence la faiblesse du supérieur pour le pousser à écarter les personnes pouvant gêner sa propre progression. Se débrouiller pour se faire attribuer la réussite des autres...
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      C’est la voie souvent choisie par les envieux et les médiocres C’est aussi la voie la plus dangereuse, car on ne peut faire illusion éternellement. Un jour, la bulle crève.
      Vivre sereinement en paix avec sa conscience et avec les autres, cela n'a pas de prix alors choisis la voie royale, elle ne fait pas de bruit.
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En dernière heure
Un ami me fait remarquer que mes derniers articles l’affectent personnellement.
D’autres, parmi mes connaissances, pourraient se reconnaitre, comme lui, à travers tel trait de caractère ou tel comportement. Peut-être alors cette prise de conscience les invitera-t-elle à changer en bien et je m’en réjouirais ?
Dans le cas contraire, ils se comporteront à mon égard comme des ennemis ou m'ignoreront totalement. Je le regretterais. Mes amis, quant à eux, savent que je suis vrai et que je ne cherche jamais à leur faire du mal....
      Je ne juge que les attitudes, pas les personnes.
Philippe Holtzer
Professeur et élu municipal