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Le billet de la semaine
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Les vacances de Géraldine
30/08/2006

       Au moment où certains français mettent en cause la générosité de notre jeunesse, il n’est pas inutile de rappeler que beaucoup de nos garçons et de nos filles consacrent une partie de leurs congés au service des plus pauvres dans des pays inconnus. Deux jeunes filles de ma famille ont ainsi passé l’été dernier à s’occuper d’enfants dans un village misérable de la Sierra mexicaine.
       C’est aussi le cas, cette année, de Géraldine, 20 ans. Candidate à l'une des plus prestigieuses de nos grandes écoles, elle a vu sa scolarité perturbée pendant un an par une grave maladie. À peine sortie de l'hôpital, elle a cependant décidé de mettre le temps de ses vacances au service des enfants recueillis dans un centre tenu par des Français au grand coeur à proximité de la décharge d’ordures de Phnom Penh. Son témoignage est révélateur.
Jean Delaunay

       « Le Cambodge est magnifique. Tout le monde est sympathique, autant les Khmers que les Français qui vivent ici. Je suis en bonne santé et je parle déjà khmer couramment… enfin presque…
       Les pensionnaires tentent en effet de nous apprendre des mots et de nous les faire répéter le soir au dîner quand on mange avec elles, une cinquantaine de filles entre 20 ans et 7 ans. C'est le moment privilégié où on a le temps de discuter et de faire connaissance. Les plus grandes parlent un peu le français et elles sont adorables avec moi. (1)
       J'ai hâte de les connaître plus. Avec les autres enfants, j’échange surtout des sourires et de petites chansons. J’obtiens un vif succès avec Maya l’abeille qu’elles reprennent avec moi…
       Les premiers jours, nous avons eu un peu de temps pour nous : visites et promenades. Maintenant, nous occupons tous les matins des enfants de la paillote. Elle est située sur la décharge même et les enfants les plus pauvres non encore scolarisés, viennent y prendre un repas, une douche et quelques cours.
       Mon voyage s'est bien passé, mais mon visa pour le Vietnam a été refusé. Donc, finalement, j'ai dû transiter par Vien Tiane. Personne ne m'attendait à l'aéroport de Phnom Penh puisque je n’arrivais pas à l’heure prévue. Le chauffeur de taxi a gentiment téléphoné pour savoir où me conduire.
       Dès le deuxième jour, on est allé sur la décharge. Les photos et le film reflètent bien la réalité… moins les nuées de mouches, l'odeur épouvantable et la taille gigantesque de ce lieu maudit. Il y a des quantités de gens qui fouillent, pieds nus dans cette m… où je n'osais même pas poser mes baskets. La demi-heure que j'y ai passée a été très éprouvante pour moi mais il était important que je sache que des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants y passent la moitié de leur vie.
       Le décalage de ce spectacle avec la paix du centre et le sourire de nos enfants est impressionnant mais c'est impossible à faire passer dans un simple mail.
       Impressionnantes aussi les pluies tropicales.
       J'ai l'impression d'être ici depuis 10 ans, tellement c’est dépaysant.
       J'aurais beaucoup d'autres choses à vous raconter. Je vous embrasse.
Géraldine
***
(1) Les jeunes filles en question sont en grand danger car, hors du Centre, elles sont des proies désignées pour la prostitution. A ce jour, le Centre et ses annexes ont déjà secouru 4.500 enfants (nutrition et soins au quotidien, alphabétisation, formation professionnelle, centre d’insertion, aide aux familles, plus hébergement complet pour 300 enfants au Centre ou dans des familles d’accueil cambodgiennes… )
***
Pour en savoir plus, prendre contact avec
« Pour un sourire d’enfant »
Association d’aide aux enfants cambodgiens en détresse
Lauréate du Prix des Droits de l’Homme
BP 2107 Pnom Penh 3, Cambodge
(Tel en France 01 39 67 17 25)
contact@pse.asso.fr
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