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Le billet de la semaine
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Lettre d’un vieux soldat au directeur de France 2
15/02/2012

      Ayant écouté les infos de 20 h 00 sur France2, je m’adresse particulièrement à vous, responsable du contenu des émissions.
      Tout d’abord, je comprends parfaitement votre émotion devant la mort d’un des vôtres. Je compatis à votre peine et m’incline devant la douleur que provoque cette disparition soudaine.
      Je la partage d’autant plus que j’éprouve la même impression chaque fois que j’apprends la mort au combat d’un de mes jeunes camarades. D’un de ceux qui sont tombés au champ d’honneur sans faire de bruit au service de notre Patrie.
      Cela dit, je trouve indécent que l’on fasse la une du journal de 20 h, ce 11 janvier 2012, sur cette disparition dramatique, en nous infligeant les témoignages de ses camarades… de leurs commentaires dithyrambiques, même mérités et, peut-être, en deçà de la vérité… du rappel de sa carrière, de ses qualités humaines et professionnelles.
      Je ne peux que m’étonner de ce battage médiatique sur une mort brutale mais dramatiquement normale et tristement banale. Je vous reproche de faire de votre confrère un martyr de l’information durant plus de vingt minutes, à une heure de grande écoute, alors que vous ne rendiez compte de la mort d’un de nos soldats qu’après des grands titres, parfois oiseux, durant HUIT ridicules petites secondes.
      Ainsi, force m’est de constater que la vie d’un journaliste, aussi bon soit-il, a beaucoup plus d’importance à vos yeux que celle d’un soldat au service de sa Patrie.
      J’étais déjà révolté lorsque votre chaîne a diffusé le film de la fête organisée pour le retour de vos deux collègues qui étaient allés, de leur propre initiative, apporter leur soutien orienté aux talibans et qui sont responsables de la mort de soldats qui, à cause d’eux, ont été un peu plus exposés aux coups mortels de nos adversaires.
      (Je suis également révolté lorsque vous annonciez, toujours lors d’un journal de 20 h 00, la mort d’un de vos collègues de travail décédé d’une longue maladie alors que vous ne vous êtes pas étendu sur celle du général Bigeard.)
      Il est indécent que vous mettiez en avant les risques de votre métier et les présentiez comme exceptionnels. Il ne s’agit pourtant que de dramatiques accidents de travail.
      De surcroît, il y a une différence fondamentale entre la mort de votre journaliste et celle des nôtres au combat. Un reporter tué dans l’exercice de son métier meurt pour que l’information nous arrive. C’est beaucoup pour l’information mais c’est bien peu pour notre Nation. Si nous n’avions pas cette information, cela ne remettrait pas en cause notre société, notre liberté, notre civilisation.
      En revanche, la mort au combat de nos soldats est consentie pour que nous restions LIBRES. Pour que les Valeurs, héritées de nos pères au siècle dernier, de nos aïeux en 1789, de nos ancêtres en 732, soient transmises et que notre civilisation perdure.
      Je suis triste de la mort de cet homme qui laisse femme et enfants : le chrétien que je suis déplore toujours la perte d’une vie humaine.
      Je pense aussi, et j’en terminerai là, que vous vous trompez de guerre. Ce n’est pas en Syrie qu’il faut que vos grands reporters aillent voir ce qui se passe mais chez nous.
      Vous ne rendez pas compte des affrontements qui s’installent dans notre pays et vous taisez les combats qui ne vous servent pas.
      En conclusion, Monsieur, je pense que votre chaîne manque à son devoir d’objectivité. Vous faites trop ressortir votre sensibilité politique en souhaitant, durant un 20 h 00, à une certaine femme politique d’être présidente de la République. Tout en vous faisant le complice de la falsification grotesque, à l’antenne, d’une déclaration faite par une candidate qui n’a pas vos faveurs. Pour ne citer que ces deux exemples.
      Vous êtes partial et vous abusez de votre position pour imposer aux français des sujets qui ne les intéressent pas en utilisant des moyens que vous reprochez à vos adversaires. C’est affligeant.
      Ayez, si possible, plus de respect pour votre beau métier ; cela ferait du bien à la France….
      Croyez en l’expression des meilleurs sentiments démocratiques d’un vieux soldat profondément attaché à la justice et à l’honnêteté.
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D’après la lettre du général de L
reprise par Jean Delaunay qui a supprimé les noms propres conformément aux usages de France-Valeurs.

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