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Le billet de la semaine
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Les Sœurs Joie et nous
07/12/2011
      Les médias nous assènent quotidiennement quantité de mauvaises nouvelles parmi lesquelles des horreurs et des scandales venant de tous les coins du monde.

      Par contraste, je me réjouis d’apprendre aussi que certains hommes et certaines femmes font humblement et discrètement du bien aux autres.

      C’est ainsi que j’ai reçu hier, en direct de deux sources différentes, deux témoignages réconfortants concernant l’action de deux religieuses françaises qui se sont mises, depuis des années, au service des plus pauvres dans deux pays en grande difficulté.
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      Le directeur des « Enfants du Mékong », retour des Philippines où il visitait les fondations de l’association, nous expliquait notamment qu’il avait eu la tristesse indignée de visiter une prison de Manille. On y amène les enfants des rues qui survivent par centaines dans cette capitale quand ils sont capturés lors de gigantesques rafles. Il s’agit de très jeunes garçons - certains sont âgés de 9 ans. Ils sont entassés dans d’immondes cellules surpeuplées où ils sont mélangés avec des prisonniers adultes. (Sans parler de leurs autres horribles conditions de vie, il signale que les installations sanitaires s’y réduisent à un trou au milieu de la cellule…)

      Des religieuses pénètrent chaque jour dans ce véritable enfer pour y visiter les enfants. Il a suivi l’une d’entre elles et constaté qu’elle leur apportait son sourire et sa gentillesse et qu’elle parvenait même à les faire chanter et prier : chanter et prier dans cette géhenne !
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      Loin de là, mais dans une région aussi éprouvée, Haïti, l’un de mes amis, bénévole de l’ordre de Malte, vient de rencontrer une autre femme de Dieu dans l’orphelinat où elle travaille, seule française au milieu de religieuses irlandaises. Elle fait preuve d’un tel dévouement et exerce un tel rayonnement sur les enfants recueillis qu’elle arrive à leur faire oublier leurs tristes conditions et on ne la connaît que sous le nom de Sister Joy (Soeur Joie).
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      De telles femmes font grand honneur à leur Eglise, à leur Ordre et à leur pays. Elles seraient bien étonnées que je les range parmi les saintes des temps modernes. Elles nous donnent un merveilleux exemple.
      Nous qui bénéficions de conditions de vie merveilleuses par rapport aux misères précédentes, essayons d’adopter, chacun dans notre milieu de vie et notamment quand nous prenons de l’âge, un comportement qui s’apparente un peu au leur.
      Même si nous sommes indignes d’être appelés tante Sourire ou Grand-mère Joie, essayons de rayonner discrètement la sérénité, avec un brin d’humour et la paix du cœur.

Jean Delaunay            

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