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Le billet de la semaine
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Brouillard dans les têtes
30/11/2011

       Au début de son éditorial dans la Croix du 19/11, Bruno Frappat commence par décrire de façon sévèrement réaliste la situation actuelle et aboutit à la formule de «dépression de civilisation.»

      Puis, Il continue, évoquant les banquiers qui prennent de plus en plus d’influence dans notre société:
«Il y a là-dedans des gens, très compétents, sans doute dévoués à la chose publique. Et faisons leur le crédit (si l'on ose écrire ainsi...) d'être capables de passer de l'intérêt particulier à l'intérêt général. Ils ont réussi dans l'un, pourquoi ne feraient-ils pas des merveilles dans l'autre ?

      Et puis, de toute façon, quelle autre solution ? Les politiques ? Ils tremblent de tous leurs membres, taraudés par la faiblesse des marges de manœuvre que leur laissent les perspectives électorales. Et l'incohérence de leurs discours, sur la longue distance, finit par lasser non seulement les marchés mais les peuples eux-mêmes. C'est une ironie des temps nouveaux que cette crise de confiance, à quoi se résume le drame actuel, qui nous jette dans les bras des banquiers ou de leurs conseillers. Un financier à Matignon ? Un trader à l'Elysée ? Ce seront peut-être les prochaines étapes. Nous n'avons plus rien à perdre.

      Et les chrétiens, là-dedans ? On les entend peu et, de toute façon, on les écoute peu. Ils ont pourtant une occasion (on ne dit pas rêvée) de faire en sorte que nos sociétés remettent les pendules à l'heure. Replacent la civilisation dans le sens de l'homme et de quelques vérités de base pour appuyer où cela fait mal : à savoir que les idoles qui ont inspiré nos États et nos mœurs depuis une quarantaine d'années étaient trompeuses, nocives, menteuses. Que la course au fric, au confort extravagant, à l'égoïsme institutionnalisé, au pouvoir pour le pouvoir, à la libido dominante, à la perversité des inégalités entre «créatures de Dieu» devaient mener à la panique actuelle. Ils ont, les chrétiens, à se soucier de la partie terrestre du Royaume. Et à considérer qu'il y a urgence à réparer un édifice qui semble à l'abandon.
      En saine doctrine, l'Église a trois fonctions dont la Diaconie. (…)Ce mot un peu savant( …) englobe toutes les missions de la charité, de la justice, de la solidarité, du souci de l'autre. Il est urgent de le mettre en actes, hic et nunc, sur terre. Là où est la souffrance, là doivent être notre ardeur et notre cœur. On aimerait faire comprendre que la tentation, humaine, très humaine, de la fuite vers le haut, à travers nuages et brouillards, par un spiritualisme détaché des choses de ce monde est une attitude certes très chrétienne mais qui, par les crises qui courent, peut paraître tentative de fuite, ou du moins négligence.
      L'Église de France prépare activement une opération appelée Diaconia 2013. (…) Tout ce que la France chrétienne compte de militants de la charité (et de la justice) se rassemblera pour redonner force et vigueur au souci de l'autre dans notre société. Il y a et il y aura fort à faire. Car la crise d'aujourd'hui, si elle s'amplifie demain, va multiplier les occasions d'aide, les largués en souffrance, les petits auxquels tendre la main et les injustices à contrebattre. Immense chantier requérant d'innombrables bras.»

Brunot Frappat            

Je suis heureux que ce langage fort et vrai rejoigne le point de vue de France-Valeurs.