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Le billet de la semaine
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Un illustre patronage pour France-Valeurs : le Général de Castelnau
24/08/2011
       Il est représentatif de ces hommes illustres qui, durant leur retraite, ont transposé leur idéal de service sur le plan de la défense des Valeurs. A cet égard, il a été et reste pour moi, un exemple.
      Ce Saint-Cyrien de 19 ans avait été jeté dans la guerre franco-allemande au sein de l’armée de la Loire qui tentait de sauver l’honneur durant la dure campagne d’hiver 1870/71 après nos défaites en Alsace d’août/septembre et l’abdication de l’Empereur Napoléon III après Sedan.
      Sa conduite au feu avait été si brillante qu’il avait été nommé capitaine à titre temporaire. Jusqu’en 1914, la suite de sa belle carrière a été classique au sein d’une armée marquée à la fois par la hantise de la revanche sur l’Allemagne, par les conséquences internes de l’affaire Dreyfus et de la politique anti religieuse du gouvernement
(crise des inventaires de 1905 *).
      Nommé colonel en 1900, ce catholique pratiquant, père de 12 enfants, est dénoncé comme le «capucin botté» et écarté de l’état-major de l’armée où il était pourtant devenu le spécialiste de la mobilisation.
(Le général André, chef d’état-major de l’époque, a créé le système de fiches alimentées par des renseignements de la Franc-Maçonnerie pour épurer la Jésuitière militaire.)
      Devant la menace de guerre, le gouvernement remplace Michel par Joffre, qui obtient les étoiles pour Castelnau, lequel est promu successivement commandant de brigade, de division, puis sous-chef d’état- major de l’armée. C’est lui qui met au point le fameux plan XVII qui permettra aux armées françaises de se déployer en août 1914 face à l’invasion allemande. C’est aussi lui qui propose -en vain- qu’on introduise, face à la puissance de feu allemande, un peu de prudence dans la doctrine tactique de l’armée française qui prône l’offensive à outrance
( doctrine d’où résulteront les hécatombes d’août 1914 : 360.000 tués en 5 mois. )
      A la déclaration de guerre, Castelnau est alors commandant de la 2° armée en Lorraine et sa défense du Grand Couronné devant Nancy est restée célèbre. Il est cependant écarté pendant plusieurs mois des grands commandements, pour des raisons politiques, et envoyé en mission en Russie, d’où il ramène d’ailleurs une mauvaise impression.
      Sur le plan général, après avoir arrêté l’ennemi sur la Marne en septembre 1914 et après la course à la mer, les armées alliées s’enlisent pour 3 années dans une guerre de tranchées, dominée par l’héroïsme des poilus, le long d’un front qui va des Flandres à la trouée de Belfort. Les offensives se succèdent vainement, de part et d’autre, à Verdun, sur la Somme, au Chemin des Dames, de nouveau sur la Marne en 1918...
      En juillet 1918, Castelnau commande le Groupe d’armées de l’Est et, d’accord avec Foch devenu généralissime, prépare une contre-offensive décisive en direction du Rhin de Mayence pour libérer l’Alsace-Lorraine et occuper la Rhénanie.
      Le 11 novembre 1918, contrairement à son avis, la France accepte la demande allemande d’armistice. Castelnau écrit à son fils : « Nous tenions une victoire éclatante qui eut mis à genoux la puissance allemande. (…) Nos chefs en ont décidé autrement. Ce geste épargne des vies humaines. Souhaitons qu’il n’engendre pas de fâcheuse répercussion pour l’avenir…»
      Le bâton de maréchal de France lui échappe sous la pression du Grand Orient. Il écrit : «Tout cela ne saurait m’atteindre. J’ai commencé ma carrière sur les champs de bataille de l’année terrible comme commandant de compagnie. Je suis le seul officier qui ait combattu pendant les heures douloureuses de 1870 et qui soit au front. Je termine ma carrière comme commandant de groupe d’armées en Alsace dans le triomphe de mon pays, triomphe auquel ont participé 6 de mes fils dont 3 furent tués. Notre maison a largement fait son devoir. Nous n’avons rien à nous reprocher. »

       Sa belle histoire ne s’arrête pas là. En 1919, il est élu député de Saint-Affrique, en Aveyron, sa terre d’origine. Il devient président de la commission de l’armée à la Chambre et va, en outre jouer un grand rôle en ce qui concerne les rapports entre la France et le Vatican. Il s’agit notamment d’apaiser le conflit né en 1905 autour de la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat, conflit mis en sourdine durant la guerre au nom de l’Union sacrée et que certains tentent de rallumer en 1921. Le général de Castelnau est envoyé par Briand, le chef de gouvernement, en mission auprès du Pape Pie XI pour trouver un terrain d’entente. Il y parvient.
      En 1924 cependant, les élections donnent la victoire au Cartel des Gauches avec Herriot qui prépare une politique laïque agressive. Devant cette nouvelle menace, tous les mouvements catholiques se fédèrent sous sa présidence au sein d’une Fédération Nationale Catholique (FNC) qui atteint un million d’adhérents. La FNC se veut un groupe de pression qui défend les valeurs chrétiennes tout en étant en dehors du système des partis. La cohabitation n’y est pas facile entre les anciens combattants et les catholiques de gauche, résolument pacifistes.
      Devant la montée du nazisme, Castelnau, en outre président de la Ligue des Patriotes, écrit de nombreux articles pour dénoncer la naïveté de nos dirigeants et la faiblesse des moyens consentis à la Défense Nationale.
      La défaite de 1940 met un terme à son activité officielle et il démissionne de la FNC en 1941. Il encourage deux de ses petits-fils à rejoindre l’Afrique du nord.
L’un d’eux sera tué sur le Rhin en 1945.
      Il meurt en 1944, à 91 ans, 3 mois avant le débarquement.
***

      Ce grand chef a bien servi la France par les armes, par les idées, par l’action et par la plume.
      C’est à cet égard que, modestement, j’ose placer France-Valeurs sous le patronage de mon grand ancien.
Jean Delaunay            
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      *Dans le cadre de sa politique anticléricale, le Gouvernement français de 1905 avait prescrit aux préfets de faire l’inventaire des biens de l’Eglise et autorisé l’emploi d’unités militaires en renfort de la gendarmerie pour maintenir l’ordre et forcer les résistances, le cas échéant. Beaucoup d’officiers catholiques démissionnèrent alors pour se soustraire à cette mission qu’ils considéraient comme inique.