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Le billet de la semaine
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Valeurs humaines et forces de la nature
08/06/2011
      Grande nouvelle ! Il a plu cette nuit ! Parmi bien d’autres pays, la France vient de connaître une longue période de sécheresse associée à des températures anormalement élevées pour la saison.
      Ailleurs, ce sont des tornades, des tremblements de terre, des inondations… C’est ainsi !
      Devant leurs ennuis, les hommes d’aujourd’hui - et notamment les français - ont tendance à vouloir à tout prix trouver un responsable. Or, dans le cas considéré, tous nos «c’est la faute à …» tombent à plat. C’est «la faute à personne», sinon à Dame Nature.
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      Héritier d’une longue lignée de paysans, je veux cependant m’associer aux angoisses de nos cultivateurs, comme à celles des japonais et des autres victimes de la colère des éléments.
      Au nom de France-Valeurs, je tiens aussi à émettre quelques réflexions en rapport avec les préoccupations de notre association.
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      Des événements - voire des cataclysmes - naturels comme ceux-ci devraient d’abord nous inciter à beaucoup d’humilité. Certes, depuis Cro-Magnon, nous avons accomplis des progrès immenses. Nous savons soulager la douleur, réparer des cœurs humains, échanger des messages d’un bout du monde à l’autre, enrichir l’uranium pour fabriquer des kilowatts pour lancer nos TGV à 300 km/h… Nous maîtrisons des foules de techniques, y compris en génie génétique… mais nous ne savons pas faire tomber la pluie quand il fait sec au Sahel et en France, ni l’arrêter quand le Gange déborde…
      De même que nous occultons la mort, de même, au cri de «On n’arrête pas le progrès», nous avons tendance à masquer nos impuissances. Or, l’homme se grandit en reconnaissant ses limites.
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      Sans singer l’écologie militante, je crois aussi que nous pourrions et devrions assumer mieux nos responsabilités et acquérir un peu de sagesse collective.
      Nous imputons aux rigueurs du climat l’impossibilité de subvenir aux besoins élémentaires de millions d’êtres humains du Tiers Monde. Or, en Occident, sont stockées des tonnes de produits alimentaires, objets de spéculation éhontée ; beaucoup de denrées sont jetée au rebut chaque jour à la porte de nos grandes surfaces , sous prétexte de péremption,
comme des kilos de produits pharmaceutiques courants qu’on pourrait utiliser ( en dépit des belles âmes qui disent :«les pauvres aussi méritent des médicaments neufs»…)
      Sans vouloir revenir à la lampe à huile, je crois que le gaspillage de nos ressources a de multiples facettes. Toutes sont liées aux excès de notre société de consommation : la vitesse de nos trains et de nos voitures, notre culte du confort
(climatisation banalisée, éclairage a giorno de nos villes et villages, ascenseurs, machines diverses, sans compter l’envahissement du papier, à commencer par les documents publicitaires …) et le remplacement périodique de nos joujoux électroniques…
      Les Verts sont des utopistes, souvent de vrais révolutionnaires en matière politique, mais ils ont le mérite de nous inciter à adopter de nouvelles et saines habitudes,
(ne serait-ce que la récupération du verre, des piles et du carton…) Dans tous ces domaines matériels, il y a encore d’immenses progrès à accomplir (isolation des habitations, utilisation domestique des énergies naturelles …) mais l’essentiel n’est pas là.
      Il réside dans le fait que le discours ambiant, presque toutes idéologies confondues, occulte les vraies questions sur ce qu’on appelle le progrès.
      Ce sont notamment : «Est-ce bon pour l’homme en général ? », «Telle innovation n’aura- t-elle pas à terme d’effet pervers ? »
      Et surtout : « Même si je sais le faire - telle manipulation génétique, par exemple, ou tel barrage de grand fleuve
en Chine ou ailleurs- ai-je moralement le droit de le faire ? »
      Dans des domaines comme la croissance économique et la technique appliquée, nous sommes entraînés dans une spirale vertigineuse. Nous n’en sortirons qu’au prix d’un effort renouvelé de réflexion sur la nature profonde de l’homme et de retour à l’essentiel.
      Le discours de l’Eglise Catholique est aussi, modestement, le nôtre.
Jean Delaunay            
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Ecologie


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