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Le billet de la semaine
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19/07/2006

      Je suis française, veuve d’un officier Américain et pensionnaire d'une maison de retraite des anciens combattants.
      Le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, je me suis permise, à l'apéritif, de faire un petit discours exaltant la fraternité d’armes franco-américaine et rappelant que feu mon mari avait sauté avec la 82e division aéroportée US, le 6 juin 1944, et durement combattu devant St Lô.
     Il avait survécu à cette gigantesque opération mais 250 000 de ses camarades américains et anglais reposent dans les cimetières de Normandie.

      Cependant, mon allocution fût fraîchement accueillie et j'ai entendu des choses du genre :
- Les Américains, on s'en fout, ils ne jouent que pour eux !
-- On remâche toujours le passé !
-- Qu'est-ce qu'on en a foutre de son histoire !


      Je suis restée stupéfaite de cette réaction.
- Pourtant, tous les résidants de cette maison sont des anciens combattants et ils ont connu cette époque où les GI nous ont rendu la liberté et l’honneur !
- Ils se plaignent de ce que les jeunes ne savent rien en matière historique mais c’est ainsi qu’ils traitent le passé !
- Les anglo-saxons ont raison de dire que les Français perdent la mémoire quand ça les arrange !

      Il est vrai que, déjà quand mon époux était attaché militaire en France, nous sommes rentrés un soir d'une réunion en métro parce que notre voiture était tombée en panne. Mon mari était en uniforme et nous avons entendu une voix féminine dans notre dos : « Tiens un américain ! Je croyais qu’on les avait tous mis à la porte, ceux là ! »
     Mon mari, blême, s'est retourné et, faisant face à cette femme, il lui dit durement :
« Ne vous inquiétez pas, Madame, la prochaine fois, vous vous débrouillerez tout seuls ! »
Corinne

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NB La lettre de France-Valeurs de Juillet 2006 est consacrée au traitement de l’histoire.
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