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Le billet de la semaine
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Acteur de vie sociale ou vache à lait ?
02/03/2011
      Dominique de Lorgeril est officier de Marine. Pilote d’hélicoptères chevronné, il avait été désigné comme officier de marque du nouveau CH 90 de l’aéronavale. Il a en outre, sur le plan des valeurs humaines, des préoccupations élevées et des compétences étendues qui l’avaient fait adhérer de longue date à France-Valeurs et lui ont valu d’être chargé d’importantes missions d’ordre humain dans la Marine. il vient en outre de se porter candidat aux élections cantonales de Charente sous la devise : Bon sens pour le bien commun.» Son blog s’appelle bsbc.blogvie.com / dominique/
      Dans son nouvel engagement, il ne vise qu’à continuer à servir tout en tentant de renouveler le personnel politique. Sa décision légale mais non conformiste l’honore et honore France-Valeurs qui lui donne ici la parole.
Jean Delaunay            
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Acteur de vie sociale ou vache à lait ?
Dominique de Lorgeril le 25 février 2011.      

      L'annonce faite cette semaine de l'augmentation de 5% du prix du gaz au premier avril souligne une nouvelle fois la divergence qui devient aujourd'hui insoutenable entre les charges et les revenus des français, révélant en filigrane la réelle considération du citoyen pris comme un simple agent économique.
      Les spécialistes font état de 30% d'augmentation du prix du gaz depuis 2 ans puisqu'il est indexé à l'évolution du prix du pétrole, et cela de manière inappropriée d'après eux puisque les circuits d'approvisionnement et l'évolution des cours mondiaux sont distincts.
      Mais l'évolution est toujours la même, hausse ininterrompue des carburants, de l'électricité, de l'eau, des autoroutes... de toutes les charges, avec en parallèle une stagnation des salaires et des retraites. Comme le rappelait récemment un article de la Charente Libre, des milliers de foyers, ici comme partout en France, ne parviennent plus à se chauffer, à vivre décemment ou à payer leur maison de retraite. Le recours et les besoins d'aides alimentaires explosent.
      Est-ce inéluctable ? l'économie est-elle réellement en faillite ? Au regard des résultats, les salaires des dirigeants dans les grands groupes sont-ils légitimes, compréhensibles, nécessaires ? Si l'on recherche réellement le bien commun, qui est de vivre en harmonie au sein d'une société équilibrée et assurant une juste répartition des richesses, on ne peut faire l'économie de ces questions essentielles...
      Il faut reconnaître que notre société est aujourd'hui centrée autour de l'argent et de la recherche de profit, plutôt qu'autour de l'homme (au sens de personne et d'individualité humaine) et de la recherche de son épanouissement; ce qui devrait pourtant être sa finalité dans une vision humaniste de la vie.
      Les valeurs sont ainsi inversées, et dans l'esprit de ceux qui nous gouvernent, l'homme doit alors être utilisé pour faire du profit (simple machine économique comme, en fait, une "vache à lait"), plutôt que d'utiliser habilement les richesses produites et justement réparties pour soutenir et aider l'homme à s'épanouir en véritable acteur de vie sociale.
      L'économie doit être au service de l'homme et l'homme mis au centre de la société.
Ce principe ne peut alors en aucune manière justifier que la seule recherche de rentabilité et de profit puisse aboutir à délocaliser une entreprise, une usine ou une activité globalement équilibrée, au mépris des salariés dont on se limite souvent à indemniser par l'argent, la fierté déchue de son travail.
      De même, dans la reconnaissance et la valorisation du travail de chacun, une vision de bon sens ne peut accepter les écarts vertigineux de rémunérations que l'on constate malheureusement. Certes, dans la libre entreprise, les chefs de grands groupes sont libres de fixer leurs rémunérations et celles de leurs cadres, et il est normal que le mérite, l'engagement personnel, le haut niveau de formation et de compétence, l'expérience ou même la performance constatée, puissent justifier des écarts de rémunération pouvant aller de 1 à 10, voire à 50 ou 100, mais pas au-delà sans porter gravement atteinte à la considération portée au travail et à la dignité même de l'homme.
      Si elle ne tire pas parti de ces réflexions de bon sens, la société provoquera l'incompréhension et le refus d'une injustice croissante qui la détruira.
      Il n'est jamais trop tard pour regarder la vérité en face, en réaffirmant la dignité essentielle de l'homme, comme acteur de vie sociale.

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