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Le billet de la semaine
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Drapeaux, fanfares et contestation historique
12/07/2006

      En cette veille de 14 juillet où l’on cherche à exalter la cohésion nationale, il vaut la peine de s’interroger sur les effets pervers des lois prétendant dire «comment il faut écrire l’histoire.» .
      La Loi Gayssot vise à sanctionner un auteur coupable de négationnisme, c’est à dire refusant d’admettre, contre toute évidence, que les camps de la mort nazis aient été l’instrument d’un génocide caractérisé. La Loi Taubira de mai 2001, elle, dénonce le crime contre l’humanité qu’a été la traite liée à l’esclavage mais en limite la responsabilité au seul Occident. Enfin, la loi du 23 février 2005 préconise l’enseignement « en particulier du rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord.
      Son article IV, qui cherchait à apaiser des passions vieilles de plus de 40 ans et à rendre justice au travail acharné et au dévouement de générations de colons, a suscité des réactions violentes de la part de communautés qui avaient une autre lecture des événements et qui se sont crues victimes d’une provocation.

      En fait, ces lois se sont révélées à la fois inutiles et dangereuses. En effet, la mémoire d’un peuple ne se confond pas avec son histoire. L’histoire est affaire de recherche scientifique, de tri, de critique. Elle cherche à être le plus possible objective et à éclairer les diverses faces d’une même réalité humaine. La mémoire est au contraire essentiellement subjective car elle est transmise par un discours oral, lui-même chargé d’émotions. Quand, par exemple, ma grand-mère me racontait l’irruption des Uhlans en 1870 dans la ferme normande de son père ou me restituait ses impressions de mère de soldat 1914/18, il n’y avait guère d’objectivité dans son discours. Pour elle, les Boches avaient tous les torts.
      C’est là une attitude fréquente, générale et presque naturelle.
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      Dans la période difficile que nous vivons, alors que les esprits sont agités, que des communautés se replient sur elles-mêmes et que certaines minorités se font bruyamment entendre, le législateur, garant de l’unité nationale, ne devrait plus contribuer à envenimer des conflits de mémoire relatifs à des événements anciens pour en faire des ferments actuels de division et de violence.

      En ce qui nous concerne, pavoisons de Tricolore nos façades et applaudissons nos soldats ( autant que nos footballeurs ) mais cherchons surtout à resserrer la cohésion de notre France !
Jean Delaunay

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NB La Lettre de France-Valeurs de Juillet 2006 est précisément consacrée au sujet « Mémoire et histoire ».
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