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Le billet de la semaine
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L’arme Cathodique
08/12/2010
       France-Valeurs met en garde régulièrement ses amis contre les ravages causés par les médias, notamment sur les jeunes esprits.
      J’ai d’ailleurs écrit un chapitre sur ce thème dans mon livre «Lettres à mes petits enfants sur les sujets qui fâchent»*. J’y soutiens que la télévision représente une drogue dangereuse pour le cœur, pour l’esprit, pour la santé, pour la famille.
      C’est encore davantage le cas d’Internet, cet outil génial qui révolutionne la communication et la diffusion de connaissances… mais contribue, hélas, à polluer gravement les esprits et les cœurs.
      Ainsi, à l’occasion du congrès de l’APEL * qui s’est déroulé sur le thème de l’éducation affective des jeunes, on révèle que 80 % des garçons de 14 à 18 ans et 45 % des filles ont vu au moins un film pornographique sur internet ; 1/3 des garçons de 15 ans en ont vu 10 dans l’année…
      Ces chiffres donnent toute leur valeur à l’article ci-dessous que je viens de relever dans La Croix du 17/10/10.
      Je juge cependant utile d’y apporter un complément et une conclusion.
L’auteur écrit : « L’écran cathodique, une formidable «arme de guerre contre la vie intellectuelle»…»
      J’ajoute : « et contre l’équilibre moral et affectif des usagers, des jeunes surtout.»
Et je conclus: «Des réactions de bon sens commencent à se manifester concernant l’utilisation contrôlée d’Internet. A nous de les relayer pour que la liberté d’expression ne devienne pas synonyme de liberté d’avilissement humain.»
Jean Delaunay            
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L’arme Cathodique

       « Un essai retentissant de 1985, « L’arme Cathodique » analysait, pour mieux la combattre l'aliénation de nos esprits et de nos vies par la télévision.
      L’auteur, Neil Postman (décédé en 2003) voyait dans la société de l'image, dans l'écran cathodique, une formidable arme de guerre contre la vie intellectuelle.
      Un processus qui, nous conduit, doucement, à la servitude volontaire.

      À ses yeux, nous n'étions pas en train de vivre la prophétie d'Orwell exposée dans 1984, mais plutôt celle d'Huxley dans Le Meilleur des mondes.

       «Orwell nous avertit du risque que nous courons d'être écrasés par une force oppressive externe.
       Huxley, dans sa vision, n'a nul besoin de faire intervenir un Big Brother pour expliquer que les gens seront dépossédés de leur autonomie, de leur maturité, de leur histoire. Il sait que les gens en viendront à aimer leur oppression, à adorer les technologies qui détruisent leur capacité de penser.
       Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu'il n'y ait même plus besoin d'interdire les livres car plus personne n'aurait envie d'en lire.
       Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l'information. Huxley redoute qu'on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l'égoïsme.
       Orwell craignait qu'on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d'insignifiances.
       Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. »


      Vingt-cinq ans plus tard, aucune ligne n'est à retirer de cet essai. Le divertissement et l'émotion ont envahi tous les programmes cathodiques : de l'information aux émissions pour les enfants, de la politique à la science, de la culture aux magazines de société... à de rares exceptions près, mises en valeur dans La Croix. À lire Postman, on pense à cette définition de la modernité par Georges Bernanos: «Un complot contre la vie intérieure.»

      Michel Rocard, qui n'est pas une figure bernanosienne, en convient à sa manière dans la préface qu’il donne à cette nouvelle édition : «C’est un combat de civilisation. Encore faut-il en pénétrer les raisons.»
Laurent Larcher            

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Lettres à mes petits-enfants sur des sujets qui fâchent

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