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Le billet de la semaine
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Enseignement, éducation et cohésion sociale
04/08/2010
      Ce n’est pas un hasard si les endroits où la violence se déchaîne sont précisément ceux où le taux d’échec scolaire est le plus élevé.
      Alain Bentolila écrit à ce sujet dans « Le verbe contre la barbarie» (éditions Odile Jacob) «Chaque année, plus de 60.000 jeunes de nationalité française sortent de notre système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture, une très médiocre capacité à mettre leur pensée en mots écrits et, surtout, une maîtrise toute relative de l’explication et de l’argumentation.
A des degrés divers, ils sont tous en état d’insécurité linguistique.
»

      Ces jeunes sont gênés pour formuler des arguments, donc pour établir un dialogue avec d’autres personnes ( employeurs éventuels notamment ) et, à plus forte raison, pour s’intégrer dans un nouveau groupe social ou professionnel. Beaucoup d’entre eux étant de surcroît privés de soutien familial, nombreux sont ceux qui en sont réduits à rester confinés dans leur petit univers où les échanges se réduisent à quelques pauvres expressions d’argot et de verlan.
      Faute de savoir parler ou écrire, rien d’étonnant à ce que certains en viennent à ne pouvoir exprimer leur mal-être, leur angoisse, leur rancœur - et finalement leur haine - que par des actes brutaux : caillassage des voitures de police ou de pompiers, incendies de véhicules privés et d’autobus, agressions multiples…
      Ils constituent du même coup un terreau humain propice à tous les trafics et sensible à toutes les propagandes extrémistes.
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      J’ajoute que cette triste situation a tendance à se pérenniser par réaction en chaîne, car, au lieu d’encourager les plus jeunes à bien travailler pour s’arracher à leur marginalisation, les aînés leur transmettent le rejet de l’école et la méfiance méprisante vis-à-vis du savoir et des enseignants.

      Par opposition, la plupart des adultes des deux sexes issus de milieux défavorisés qui témoignent d’une intégration réussie et d’une heureuse ascension sociale imputent d’abord leur chance à leur réussite scolaire à travers leur travail personnel.
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       Cela dit, les manifestations de violence deviennent telles que les pouvoirs publics semblent se polariser dans leur volonté de maintenir l’ordre sur le volet dissuasion- répression à travers l’emploi de moyens externes : caméras vidéo, rondes de police, centres de détention pour jeunes…
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      Plus que quiconque, en tant qu’ancien responsable militaire, je crois à la nécessité de faire respecter la Loi et la sécurité, fût-ce par la force.
      Mais je suis en même temps convaincu de la dimension psychologique et culturelle de la crise.

      Pour moi, la rigueur répressive vis-à-vis des délinquants est inséparable de la prévention.

      A cet égard, l’apprentissage simultané par tous les jeunes des savoirs fondamentaux et des comportements civiques de base - le respect notamment- me semble représenter un facteur majeur de cohésion sociale, donc une grande cause nationale.
Jean Delaunay            

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Alain BENTOLILA

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