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Le billet de la semaine
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La guerre des mots
21/07/2010
      Le premier chapitre de mon livre «Lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent» est consacré à ce que j’appelle «la guerre des idées». Il comporte un important paragraphe sur la désinformation. Les citations qui suivent confirment et renforcent ma vision des choses
Jean Delaunay            


Quelques citations sur la guerre des mots

      Parler improprement, ce n'est pas seulement une faute envers les choses, mais c'est aussi un mal que l'on fait aux autres.
Socrate, Phédon


      On doit discourir des choses et non des mots. La plupart des contrariétés viennent de ne pas s'entendre et d'envelopper dans un même mot des choses opposées.

Molière,
Préface de Tartuffe


      Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet.

Bossuet,
in Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, 1670.


      Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour produire un certain effet.
Attribué à Goebbels, ministre de l'information et de la propagande du III° Reich.


      Pour avoir découvert le monde à travers le langage, je pris longtemps le langage pour le monde.
Jean-Paul Sartre,
In Les mots, 1964.


      Bric-à-brac de mots pipés et de formules équivoques, tel apparaît surtout le fameux monument des «immortels principes», qui sont comme l'âme et le dogme de notre actuelle civilisation. L'esprit s'y trouve comme emprisonné et tout y semble disposé pour rendre vain l'effort de ceux-là même qui, par réflexion personnelle, seraient disposés à sortir de ce cercle infernal.
Jean Ousset,
in Pour qu'il règne


      De quoi vous occuperez-vous en priorité, demande-t-on à Kong-Fou-Tseu, lorsqu'on vous confiera les affaires de l’Etat ?
      Ce qui est nécessaire, répondit-il, c'est la mise au point des définitions. Si les définitions ne sont pas justes, les mots ne s'adaptent pas à la signification des choses. Si les mots ne s'adaptent pas, les affaires de l'Etat ne prospèrent pas, les rites et la musique ne sont plus à l'honneur, les châtiments de la loi ne sont plus pertinents, le peuple ne sait plus où assurer sa main et son pied. L'honnête homme choisit ses définitions de telle sorte qu'elles puissent sans équivoque se transformer en actes. Si les définitions sont justes, l'ordre règne. Si elles sont erronées, le désordre. S'il n'y a point de définition, c'est la mort qui règne.

Syme prit une autre bouchée de pain noir, mâcha rapidement et continua :
Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer.
      Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (...) Le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts.
      Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n'y a plus, dès maintenant, c'est certain, d'excuse ou de raison au crime par la pensée.
      C'est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. (...)
      Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu'en l'année 2050, au plus tard, il n'y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ?

Georges Orwell, in 1984


      Ne jetons plus aux foules des termes dont on ne leur explique point le sens théologique et vrai. Ils ne cessent d'engendrer les idées qui tiennent les masses en ébullition et les arrachent au devoir de la vie.

Blanc de Saint Bonnet,
in La Légitimité


      Intimider l'adversaire en noyant la vérité sous des flots de paroles inutiles ou mensongères est un procédé connu de maintes sociétés. Le discours de Petit-Jean dans Les Plaideurs en est un exemple que ne récuseraient pas les Africains amateurs de palabres, ni les spécialistes ex-soviétiques de la langue de bois.


Marie-Madeleine Martinie, Famille chrétienne, 12-3-1992.



Lettres à mes petits-enfants sur des sujets qui fâchent