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Le billet de la semaine
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De « l’économie de casino » au chaos
03/02/2010
       L’économie a une place centrale dans la société, tous le comprennent et pourtant certains aspects irritent à juste titre une bonne partie de nos concitoyens, et encore faut-il là employer des termes politiquement corrects. Parmi eux, les «bonus» des traders qui travaillent pour de grandes banques, leurs montants sont très souvent extravagants. Ils n’ont bien sûr aucun lien avec la création de valeur et sont plus en rapport avec la part de bénéfices issus des variations de cours d’actions différentes et de structure complexe. Les bons joueurs sont récompensés par les bonus et les mauvais sont sans doute remerciés. Nous sommes, dans ces cas, proches de «l’économie de casino» source de risques et périls. Au revoir la crise 2008, bonjour la crise 2010 ! Il serait temps de mettre de l’ordre dans un secteur, celui des traders et de leurs commanditaires, qui manque de raison et d’éthique. Ils font trop de torts à tous les chefs d’entreprises, de toutes tailles, qui donnent force et sens à l’économie de notre pays.

       Espérons que la crise à venir n’aboutira pas au chaos !

       Le chaos a hélas une représentation terriblement dramatique à considérer les conséquences immédiates du tremblement de terre d’Haïti. Les images et les reportages sur cette grande catastrophe ont suffisamment inondé le monde pour que nous ayons tous une perception réaliste de la situation. Outre les aspects humains il me parait nécessaire de rappeler la faiblesse de l’Etat local, l’absence d’organisation élémentaire et le non respect de règles dans les zones à risques. Dans une catastrophe aussi soudaine et devant l’afflux de moyens divers, seule l’organisation militaire, principalement américaine, a permis la mise en place de secours et l’arrivée d’une aide humanitaire. C’est une leçon à méditer pour toutes les autorités qui ont la responsabilité de l’organisation de l’Etat en France. Les armées et la gendarmerie sont là pour faire face aux situations exceptionnelles dans un spectre large qui va de la défense classique à la protection des populations.

       Quels sont les points communs entre ces évènements ? Ce sont très certainement l’intensité et le désordre en tout genres.

       L’intensité qui choque est celle des chiffres, nombres des morts et des blessés, des sans abris, des vies brisées, des maisons détruites, mais aussi montants des bonus et parfois de certains salaires.

       Le désordre qui suit la catastrophe a été amplifié par les faiblesses au plus haut niveau des structures de l’Etat et cela restera une des caractéristiques de ce chaos. La communauté internationale aurait été bien inspirée, depuis le temps qu’elle essaye d’assister l’Etat haïtien, d’y veiller.

       Le désordre compréhensible dans une économie mondialisée a atteint des niveaux dangereux à cause d’une spéculation sans rapport avec la création de valeurs. Les dispositifs de surveillance et de réaction n’ont pas fonctionné en temps voulu. Je comprends que certains responsables politiques veuillent les renforcer. Il serait souhaitable qu’ils finissent par y arriver mais le combat sera rude !

       Quand je constate, comme je viens de le faire en visitant notamment les jeunes officiers-élèves de Saint Cyr, la qualité et l’enthousiasme de très nombreux jeunes français, je ne peux que m’inquiéter devant les dégâts causés dans la population par une «économie de casino» qui finit par déformer la perception de l’économie réelle qui est la seule déterminante pour l’avenir.

       Enfin, pour conclure sur une note résolument optimiste, je salue, comme nombre d’entre vous, les militaires du SMA ( service militaire adapté) , de la sécurité civile, des trois armées et de la gendarmerie qui tous ont œuvré pour réduire un tant soit peu le chaos haïtien. Bel exemple de service et de générosité.

Général de corps d'armée (2S) Dominique Delort
Président de la Saint Cyrienne
La Saint Cyrienne

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