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Le billet de la semaine
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Pitié pour les malheureux !
23/12/2009

      Notre ami, mort il y a deux ans, était un garçon courageux, qui avait du se faire lui-même, n’ayant pas eu, au départ, la formation scolaire ou professionnelle qui lui permette de recevoir un salaire important. Toute sa vie, il a travaillé de ses mains pour construire et rénover des maisons avec une originalité qui lui avait valu une certaine notoriété dans le sud de la France. A la fin de sa vie il a connu un gros problème avec le fisc au sujet de la construction de sa dernière maison pour loger sa famille. Cette dernière y a habité alors que les travaux étaient toujours en cours. Pendant des années, lorsque nous partions en vacances, nous les avons vus camper dans le provisoire, baignoire au milieu du jardin et salle de séjour au milieu des gravats. Il faut dire que leur chantier avançait au rythme des vacances et des week-ends; en semaine notre ami et ses deux fils devaient travailler pour des clients. Les ennuis ont commencé lorsque cette maison a été terminée.

      Un redressement fiscal a entraîné la perte de l’entreprise, la vente de la maison, la construction dans l’urgence d’un nouveau logement, encore durant les week-ends. L’ancienne maison, construite en pierre et brique de façon traditionnelle, avait beaucoup de cachet. Notre ami avait récupéré de nombreux matériaux à la décharge et avait mis tout son art pour les façonner afin de leur donner un aspect original. Malgré la nécessité de recommencer ce qu’il considérait comme l’œuvre de sa vie, il s’est investi totalement dans le nouveau projet et j’ai pu voir son enthousiasme pour les nouveaux matériaux aux hautes performances écologiques.
      Peu de temps après avoir emménagé dans cette maison moderne, construite par la nouvelle entreprise créée par ses fils, ils ont du faire face à un nouveau problème. Le béton qui leur avait été livré pour les fondations s’est révélé défaillant. La maison, à flanc de coteau, se couvre de fissures, elle risque de s’effondrer. L’entreprise est obligée d’attaquer en justice son fournisseur. Notre ami ne tient plus face à cette seconde épreuve ; la maladie le terrasse ; il meurt en deux mois d’un cancer foudroyant.

      Nous avons essayé de les aider à rester la tête hors de l’eau, lorsque la crise est arrivée. Mais hier une terrible nouvelle est arrivée, alors que cette veuve était dans la tristesse du second anniversaire de la mort de son mari. Le fisc lui demande, par voie d’huissier, de régler sans délais un arriéré qu’elle ne peut payer. Il semble que cette somme soit un reliquat du premier redressement. Elle avait pourtant négocié avec son percepteur un échelonnement de sa dette.. Elle est complètement désespérée. Ses enfants, spécialement son premier fils qui a perdu son emploi aux îles suite aux mouvements sociaux, ne peuvent guère aider leur mère, vu leurs propres difficultés face à la crise actuelle. Le climat familial s’en ressent.

      Pourquoi ne leur a-t-on pas permis de profiter de l’échelonnement de leur reliquat de dette vis-à-vis du fisc ? Pour ce qui est de la justice, il est clair qu’une grosse entreprise a les moyens de mener un combat juridique interminable à la différence des personnes privées modestes.
      En cette période de Noël, ne pourrait-on pas avoir pitié des petits et des malheureux ?
Jean Paul            

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