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Le billet de la semaine
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A propos de la chute d’un mur…
11/11/2009
      En ce 20° anniversaire d’un évènement historique, je salue la chute du Mur de Berlin comme le symbole de la fin de la Guerre Froide et de l’implosion de l’URSS.
      Nous savons que ce double effondrement est dû à la conjonction de différents facteurs.
      Le système a d’abord été ébranlé par la visite triomphale du Pape Jean Paul II dans son pays natal après son célèbre «N’ayez pas peur !», puis le soutien apporté à cette occasion à Solidarnosc, enfin le bras de fer engagé par Walesa avec le régime honni de Jaruzelski.
      La faille a été habilement élargie par le Président Reagan à travers son projet de guerre des étoiles. Ce défi lancé à l’URSS fût en effet l’occasion pour Gorbatchev de mesurer l’impossibilité matérielle pour son pays, ruiné par 70 ans de sanglante gabegie, de rester dans la course. Sur le plan psychologique, ce rude constat entraîna un revirement complet de la politique soviétique.
      La cause majeure de l’effondrement de cette superpuissance qui avait fait trembler le monde se situe cependant en elle-même. C’est l’absurdité du système, et son mépris des facteurs humains et économiques, qui, à la longue, a ébranlé le régime.
      La pérestroïka a achevé de mettre à bas cette forteresse idéologique mal préparée à recevoir la dose de libéralisme que Mikhaïl avait voulu y introduire pour la consolider…

      Je ne pleure pas cette mort là !
***

      Cela dit, si ce mur là est tombé, il en reste beaucoup à renverser.

      Certains sont purement matériels comme celui qu’Israël a édifié pour sa sécurité mais dont la construction et le maintien entrainent beaucoup de ressentiment des riverains et, selon moi, complique encore le problème de fond.

      Je veux surtout parler des murs virtuels que certains édifient, chez nous, comme autant d’écrans pour se cacher la réalité, et ce faisant, refuser de l’assumer.

      Je pense d’abord, alors que l’identité nationale, donc les conséquences de l’immigration, sont à l’ordre du jour, au refus de prendre assez au sérieux le décalage entre la démographie, d’une part, et le niveau de vie et de savoirs, d’autre part, de nos populations occidentales et ceux d’une grande partie du reste du monde.
      Il y a là, à terme, une menace encore plus grave, à mon avis, que l’amenuisement de la couche d’ozone et le danger supposé des OGM …
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      Dans les domaines qui intéressent surtout France-Valeurs, je pense aussi et surtout à l’écran posé par trop de nos contemporains convaincus de leurs droits, entre ces droits et leurs devoirs. Je vise notamment l’écart entre le droit de s’épanouir (on dit :« de s’éclater ! ») et le devoir d’assumer ses responsabilités. En découle l’éclatement de beaucoup de familles, lequel entraîne, par réaction en chaîne d’une génération à l’autre, le mal de vivre de tant de jeunes et d’adultes.
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      Sur un plan encore plus général, je pense à l’écran que beaucoup entretiennent entre l’amélioration recherchée de leurs moyens de vivre et le peu d’intérêt accordé, semble-t-il, à leurs raisons de vivre.
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      Voilà bien des murs qu’il faudrait faire tomber ! Travaillons y (plutôt à la Jean Paul II qu’à la Ben Laden !) mais surtout employons nous à rebâtir nos maisons en partant des fondations !
Jean Delaunay            


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