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Le billet de la semaine
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Esclaves...volontaires !
21/10/2009
      Face aux idéologies totalitaires qu'a développé le vingtième siècle, nos Anciens se sont battus pour reconquérir la liberté. Et pourtant, aujourd'hui, leurs petits-enfants sont en train de se priver volontairement de cette liberté si chèrement acquise et de se rendre esclaves !

      Je veux parler du phénomène «Facebook». Facebook est un "réseau social" sur Internet auquel chacun peut adhérer gratuitement. Mais Facebook n’est pas qu'un instrument de collecte de données dont l'aspect interactif rend dépendant. De plus en plus d'applications sont dites "intrusives", puisque vous ne pouvez les exécuter ou les installer qu'à l'unique condition que vous ouvriez votre profil complet à la dite application. Ainsi, non seulement les informations que vous mettez sur votre profil, mais la totalité de votre personnalité est "scannée" pour en tirer des moyens d'action commerciale (en attendant d'autres développements) au plus près de votre comportement.

      Et, mode et gratuité aidant, l'impétrant dépose dans les ordinateurs de Facebook son identité, sa photographie, sa situation familiale, ses goûts, etc. Identifié immédiatement par son adresse de messagerie, il sera aussitôt sollicité par des "amis", déjà inscrits, qui l'ont enregistré dans leur carnet d'adresses...

      Pour qui fait preuve d'un peu de bon sens, les dangers apparaissent vite : la Société Facebook travaille à vous garder le plus longtemps possible ; ses ordinateurs sont sans doute mieux renseignés que ceux de la CIA ; les hommes politiques sont friands d'un instrument qui permet de façonner l'opinion . Facebook ne se défait de rien et décide seule de l'usage qu'elle fera de sa base de données. Ce fichage (aujourd'hui de cent cinquante millions de personnes dans le monde) a été montré par l'émission "Envoyé spécial" (sur France 2) consacrée à "la planète Facebook1" le 4 décembre 2008.

      Depuis cette date, les craintes manifestées dans ce reportage ont été confirmées puisque à l'occasion du Forum économique de Davos, le 1er février 2009, Facebook a annoncé son intention d'ouvrir sa base de données à des sociétés privées afin qu'elles puissent cibler au mieux leurs clients potentiels et orienter leur stratégie commerciale par le biais de sondages instantanés.

      Mais qui sont les adhérents de Facebook ?
Ici, on aborde un aspect encore plus intéressant du phénomène, puisque - sans être soi-même membre de Facebook - on peut consulter (au moins partiellement) les fiches des personnes que l'on recherche.

Petit test facile à réaliser :
      Sur Internet, tapons "Facebook, prénom nom" d'une personne; si elle est sur Facebook, sa fiche va apparaître avec sa photo, ses goûts et... ses amis. En cliquant sur un des "amis" , on parviendra à une nouvelle fiche personnelle, et ainsi de suite, on peut faire le tour de la planète ... Des listes de recherche faciles d'emploi seront disponibles ; sans perte de temps, on pourra constater que parmi nos proches, nombreux sont ceux qui "en sont". S'il s'agit de mineurs , on verra s'ils sont membres de Facebook, néanmoins sans pouvoir accéder à leur fiche (l'accès est alors réservé aux membres inscrits) mais j'ai trouvé des mineurs qui ont contourné ce petit obstacle en indiquant une fausse date de naissance et dont j'ai pu ouvrir la fiche !

      Voici donc les nouveaux esclaves, venus de tous les milieux sociaux, la plupart étant très jeunes mais d'autres étant des parents peu méfiants ou contaminés par le "jeunisme". Ils sont esclaves de "Big brother" qui achètera des renseignements à Facebook ou infiltrera les employés de cette entreprise. Ils sont esclaves d'une mode qui semble faire fureur dans les écoles, les universités, et certains milieux professionnels. Mais ils sont aussi esclaves de leurs appétits : ils s'affichent sans pudeur, dévoilent leurs pensées, célèbrent sur le même plan des célébrités aussi disparates qu'un Pape et qu'un amuseur public, sont en réalité très vulnérables à ce goût actuel de l'image, du sensationnel.
       Que font-ils du patrimoine légué par leurs pères ? Où sont passées les vertus que l'on développait pour maîtriser son corps et son esprit afin de se tenir prêt à servir ? Qu'est devenu le courage de ne pas demeurer dans le troupeau des moutons ?

Alors que faire ?

Une nouvelle fois, "gueuler la vérité" :
      Montrer les dangers du système. Faire prendre conscience que les centaines "d'amis" de Facebook sont virtuels, que ce n'est pas ainsi qu'on forge les véritables amitiés ; que cette banalisation de l'amitié risque en outre de se faire au détriment de la disponibilité (que de temps passé sur Internet...) envers la famille, envers les voisins, envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne ;

      Montrer que cet engouement est un jeu dangereux et inutile !
***
par G. PIBRAC             

Paru dans Rizières et djebels d’octobre 2009

Rizières et djebels

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