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Le billet de la semaine
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Stress et rapports humains
07/10/2009
      « J'ai reçu hier la Lettre de France-Valeurs de septembre sur la formation des élites.
Elle m'a beaucoup touché et, coïncidence ! dans mon journal que je recevais en même temps, le petit article ci-dessous m'a semblé répondre à la même exigence que la vôtre.

      Quand, il y a 40 ans, je suis passé en quelques mois, du commandement d'un régiment à la direction d'une usine au coeur du 15e arrondissement de Paris, j'ai mesuré l'écart entre deux formations. Nous, militaires, savons bien que, sur le terrain, les qualités humaines sont prioritaires, et le moral est notre préoccupation constante. Et je découvrais un milieu où l'individualisme dominait. J'ai provoqué la grogne des syndicats car je faisais personnellement chaque matin le tour de tous les services et j'exigeais que dans les visites d'usines, on présente les hommes et pas seulement les machines. J'ai fait faire des stages aux ingénieurs pour que, par exemple, en arrivant le matin, ils disent bonjour à tout leur personnel.
      J'ai beaucoup apprécié votre phrase : « Pour moi, l'autorité c'est d'abord un service et la notion de service s'acquiert d'abord en apprenant a servir... Même humblement!«
      Une phrase pareille, je l’aurais fait copier cent fois à mes jeunes Polytechniciens tout frais émoulus de leurs écoles !

      Bon courage, Cher ami, pour votre croisade sans cesse renouvelée.»
RB            
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      Entretien avec Bernard Salengro, président de l'observatoire du stress au travail.

Question : Y a-t-il un lien entre stress au travail et les suicides en entreprise ?
Bernard Salengro. « Tout à fait, je suis médecin du travail et il y a une vraie souffrance qui inonde aujourd'hui nos cabinets. Si on parle de ceux de France Telecom, c'est que les organisations syndicales font bien leur boulot et les lient aux conditions de travail, même si les causes sont toujours multiples . De tels drames proviennent toujours de l'isolement et de la perte de repères des salariés dont on a cassé les identités et qui ont été mis en pression par leur managers.

Les entreprises sont-elles conscientes de ce phénomène ?
      Pas du tout, nos dirigeants ont tous étés fabriqués dans les mêmes écoles et ne connaissant rien au fonctionnement de l'humain. Ils sont très forts en gestion et en mécanique des fluides mais pas en relations humaines. Ces questions commencent néanmoins à être abordées sous l'angle du développement durable ou de la responsabilité sociale des entreprises.

L'accord sur la médecine du travail qui vient d'être négocié peut-il inverser la tendance ?
       Pas vraiment. Il conduit plutôt un enterrement de première classe des médecins du travail, seul véritable thermomètre de la souffrance au travail. Alors, ce n'est pas parce que le thermomètre est déficient que la température va monter, mais cela va devenir plus difficile à mesurer. Dans ce projet, on ne donne pas au médecin du travail les moyens de détecter les cas critiques. Ce sont les infirmières ou de simples techniciens qui vont aller au contact des salariés.»

Paru dans le Figaro économique du 4 septembre

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