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Le billet de la semaine
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Douce France !
23/09/2009
      Je suis à l’hôpital ! En dépit de mes misères et par réaction à leur endroit, ce séjour impromptu - et j’espère limité en temps- au CH Lyon Sud me permet de méditer sur les bonheurs de mon existence personnelle, et d’inviter nos amis à prendre conscience de notre sort de privilégiés, nous qui avons l’immense chance de vivre en France !
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      Amené ici, un réfugié du Bengladesh, du Darfour ou de l’Amazonie, de ceux dont la TV nous révèle quotidiennement la vie misérable, se croirait à l’antichambre du Paradis !
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      Le CHU est en effet implanté dans un cadre périurbain encore protégé. De .ma fenêtre, je vois des vaches paître sous le soleil dans des prés bordés de grands arbres.
Un vieux village et son clocher dominent la scène qu’encadrent les monts du Lyonnais.
      A quelques mètres de moi, jaune et rouge, un hélicoptère de la Protection Civile dépose un grand blessé sur la terrasse du bâtiment voisin. Plus bas, c’est la ronde incessante des ambulances qui amènent les malades, même venus de loin -J’en suis !-, dans d’excellentes conditions de confort.
      A l’intérieur, tout est impeccable ! L’accueil est quasi instantané Les ascenseurs marchent. L’hygiène est rigoureuse. La nourriture arrive ponctuellement et tous les cas de régime sont pris en compte de façon personnalisée.
      Rien que pour moi, malade certes répertorié par sa carte Vitale mais inconnu la veille, les médecins ont prescrit toutes sortes de contrôles et d’analyses dont j’espère un bon diagnostic préliminaire à ma guérison !
      Pour la préparer, l’infirmière dispose à mon profit de tous les médicaments nécessaires...
A mon moindre coup de sonnette d’insomniaque souffrant, la garde de nuit intervient, prévenante et efficace…
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      Je compare mentalement cette efficacité et cette profusion de moyens et cette merveilleuse organisation, d’abord avec ce que j’ai expérimenté personnellement autrefois, et ensuite le dénuement et la gabegie que me rapportaient récemment mes amis P revenant du Sahel, où il avait eu un sérieux pépin de santé, et T revenant de visiter un dispensaire qu’il va prendre en charge en Haïti !
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      Cela dit, ce qui frappe le plus aujourd’hui le vieil invalide de guerre que je suis, opéré une dizaine de fois, ce sont les immenses progrès réalisés chez nous dans le domaine humain.
      C’est le respect que manifestent, envers les personnes en état d’infériorité que nous sommes, les intervenants que je rencontre dans leurs différents rôles.
      Plus encore, c’est leur gentillesse et leur sens du service !
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      Je suis certain de n’être pas traité ici différemment des autres malades mais, je crois, moi, avoir le privilège, à travers mon expérience des hommes et des situations, de savoir mesurer l’immense chance que nous avons de vivre en France.
      Je déplore évidemment, en tant que citoyen, le «trou de la Sécu». Je lis, comme tout le monde, des articles sur la crise de la médecine, le manque de lits à tel endroit, notre retard dans tel domaine. J’entends aussi des critiques envers telle personne ou tel rouage de la machine…

      Mais, en tant que bénéficiaire, je tiens surtout à exprimer ma fierté envers notre système de santé (certes, vu d’ici) ainsi que mon admiration et ma reconnaissance pour ceux qui l’ont conçu et le mettent en œuvre.
      Si la France reste, quelque part, la douce France, c’est notamment, me semble t-il, à travers des mains qui soignent et qui apaisent. Merci à ces mains là !
Jean Delaunay
Chambre 21

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