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Le billet de la semaine
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« Lundi, rue Christine »
16/09/2009
      Je trouve dans « France-Catholique » du 24/7/09 l’article suivant qui correspond tout à fait à ce que je pense.
Jean Delaunay            
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       Saltimbanque, chanteur populaire, poète, militant écologiste, Francis Lalanne ne dit pas que des bêtises pour amuser la galerie… A preuve, ce beau texte dont nous partageons l’humeur.
France Catholique            
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« Lundi, rue Christine »
par Francis Lalanne              

       Christine Boutin quitte le gouvernement. C’est un peu de vérité qui s’en va. La vérité en politique, c’est l’identité entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait. L’intégrité qui n’est pas l’intégrisme, la foi qui n’est pas dans le rejet d’autrui ; la synthèse du courage et de la conviction, c’est ce qu’incarne à mes yeux Christine Boutin…
      Tout cela vibre humblement au cœur de cette femme, comme l’âme sans doute quelque part entre son être et son autre.
      J’éprouve, moi, un sentiment de tristesse à la voir ainsi s’éloigner du gouvernement de la France.
       Qu’en est-il à présent de ce gouvernement ?
Privé de Christine Boutin, il se coupe définitivement d’une part essentielle de sa conscience : bienvenus tous les traîtres à leur cause et les béni-oui-oui !
      Exit tout ce qui peut rappeler à l’actuel Président la pensée qui l’a porté aujourd’hui au pouvoir.
      Si j’étais membre aujourd’hui de l’UMP, je pense, pour parler crûment, que je l’aurais mauvaise, face à cette ouverture qui ferme la porte à ceux qui veulent rester fidèles à la France qui a voté. Est-ce ainsi que l’on fait honneur aux compagnons d’arme qui ont tout donné pour combattre aujourd’hui ceux qui occupent ces postes ?
       Moi, je trouve que l’ouverture n’a de sens que si elle se fait en amont. En amont, c’est s’allier ; en aval, c’est salir.
       En effet, on peut se demander finalement si Christine Boutin avait réellement sa place dans cette mascarade.
      Non, la représentation n’est pas la représentativité. Non, le symbole n’est pas la réalité.
Oui, la vérité en politique c’est agir par idéal et non par intérêt. Christine, elle n’a jamais agi par intérêt. Contrairement à ceux qui semblent aujourd’hui être les favoris et autres mignons agréés. Elle n’a jamais trahi, elle, ses propres idées.
       L’actuel Président, qui, il faut le reconnaître, est celui qui parle le mieux en ce moment, la «langue de chez nous», vient en la remerciant de commettre une faute impardonnable, et sans doute encore une de trop ; une faute de français : il a supprimé le verbe pour ne garder que les compléments. Son gouvernement désormais n’est plus qu’une caricature.
       La France est à présent dans le musée des erreurs. Elle n’aperçoit plus son image que dans un miroir déformant. On ne peut pas construire l’avenir uniquement sur le pragmatisme et le culte du court terme. L’arbre ne peut pas pousser sans de bonnes racines. La morale est le suc donnant au tronc commun ses branches, ses feuilles, ses fleurs et ses fruits.
      Il faut des êtres, quelque soit le système en vigueur, qui lui rappellent en permanence de quelle morale il est issu. Des êtres qui se font des gardiens de ce temple quand les principes qui le fondent s’en vont à la dérive.
      Christine Boutin est de cette fibre que d’aucuns voudraient aujourd’hui déraciner ; mais qui renaîtra toujours de sa sève versée , parce qu’elle est le ferment de grand arbre de la France et que cet arbre là ne tombera jamais.
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