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Le billet de la semaine
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LYAUTEY
2/09/2009
Le mot du président
      « La tradition est la colonne vertébrale d'une société. Si elle se brise, c'est la paralysie d'abord, la mort ensuite ».
      Cette citation du Maréchal Lyautey dans laquelle on pourrait substituer le mot mémoire à celui de tradition pourrait être un sujet de dissertation. Le devoir de mémoire si souvent prôné devient une imposture chaque fois que la mémoire devient sélective et que le droit et l’obligation de mémoire sont bafoués.
      Dans un précédent bulletin, sous le titre “Plaidoyer pour le respect de Lyautey et de la mémoire coloniale outragés”, on lisait que “sous nos yeux, les détracteurs de l’épopée coloniale de la France continuent par tous les moyens leur ignoble besogne au service de leur idéologie ....” et on peut ajouter, “grâce à des complicités inattendues de personnages ayant un double langage”.
      Le but de ce plaidoyer adressé au Président de la République était de demander que cesse la profanation du Palais Lyautey, haut lieu de l’Exposition Coloniale de 1931 à la Porte dorée à Paris, transformé en “Cité nationale de l’histoire de l’immigration” et le retour à des activités en rapport avec sa vocation première.
      En effet, ce haut lieu est tombé entre les mains d’associations militantes pour la régularisation des “sans-papiers”, contre le racisme, contre l’esclavagisme, etc.... toutes visant à l’humiliation de la France et à l’affaiblissement du pouvoir et elles pratiquent le terrorisme intellectuel pour arriver à leurs fins.
      Lyautey allait donc se trouver expulsé du dernier endroit qui évoquait la mémoire d’une époque dont il fut une figure marquante. La création d’une “Cité de l’immigration” est une chose dont on peut débattre. C’est le choix du lieu qui doit être remis en cause, car il abrite désormais un musée de la honte: les expositions temporaires y battent les records de désinformation, de déculturation et de haine contre le passé de la France.
      L’objectif est clairement exprimé sur le site internet de cette “Cité” par une équipe acharnée à falsifier l’histoire et à broyer l’identité française: « Il s’agit avec ce projet et ce lieu, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer que la page de la colonisation est définitivement tournée et détourner le bâtiment de sa vocation première. »
      Mais qui s’en est inquiété politiquement ? Pourtant la dévolution, en 2004, du Palais Lyautey à la “Cité de l’immigration” est bien une façon de contribuer officiellement à effacer tout rappel de notre passé colonial, d’institutionnaliser l’anticolonialisme et la repentance et d’offrir une plateforme au terrorisme intellectuel.
      A vrai dire, l’actuel gouvernement s’est retrouvé avec cette épine dans le pied. Aucun de ses membres ne s’est rendu à l’inauguration du 10 octobre 2007 mais c’est un peu court comme désaveu. Une fois de plus, qui a manifesté, politiquement et publiquement un quelconque désarroi ? Les raisons de ce silence s’appellent pensée unique, opportunisme, langue de bois, politique de l’autruche, etc
      Toujours est-il que nous n’avons reçu aucune réponse à nos courriers ; c’est un signe de malaise. Il faut toutefois souligner que Bernard Brochand, député UMP des Alpes Maritimes a posé une question écrite au gouvernement (JO du 28 noctobre 2008) pour signaler l’indécence de ce qui se passe à la “Cité de l’immigration”. Il a profité de l’idée lancée par le Chef de l’Etat de créer un musée de l’Histoire de France pour proposer une utilisation du Palais Lyautey qui donne « une vision plus positive, et surtout équilibrée, de l’Histoire de France »
      La réponse de Mme la Ministre de la Culture publiée au J.O. du 12 mai 2009 ignore même ce qui s”est passé le 30 mars 2009 quand deux ministres venus imprudemment inaugurer la médiathèque à vocation idéologique ont ete hors d’état de prendre la parole.
      Il faut être du côté des “casseurs de mémoire”pour ne pas s’en émouvoir. J’ai pu mesurer par les réactions reçues de la part des lecteurs du bulletin l’indignation ressentie. Plusieurs associations ont également diffusé le texte de notre plaidoyer. Je constate à quel point la volonté de préserver notre patrimoine sans manipulation est grande mais reste confidentielle. Pour se faire entendre, il faudrait un comité d’entente dynamique qui regroupe les associations qui, à un titre ou à un autre ont à défendre la mémoire historique et culturelle des faits et des hommes qui ont construit l’identité française de plus en plus menacée.
      Impossible ? non. Difficile ? oui, car je songe à cette phrase de Lyautey «Lorsque sur une terre lointaine, on rencontre deux Anglo-Saxons, ils ont déjà formé un trust ; si ce sont deux Allemands, ils ont déjà formé un “Verein” ; si ce sont deux Français, ils sont brouillés.» Nombreux sont les signaux qui nous montrent différents aspects du déclin des valeurs fondamentales de notre civilisation millénaire, comme celui de notre fierté nationale et de l’identité française. Il faut se poser des questions quand, en 2005, notre seul porte-avions est envoyé fêter aux côtés des Anglais la défaite qu’il nous ont infligée à Trafalgar, quand, la même année, le bicentenaire de la victoire d’Austerlitz n’est pas célébré. quand le 10 mai devient journée nationale de la repentance pour l’esclavage en occultant chaque 10 mai l’anniversaire de l’accueil des cendres de Lyautey aux Invalides, quand, en 2009, le ministre de l’immigration et de l’identité nationale dit que celle-ci est «républicaine et citoyenne ». La France n’existait donc pas avant la République ?
      Laissons Lyautey donner la réponse en lui empruntant cette citation (Paroles d’action, 23 août 1920) : « Quand, il y a seize siècles, les hordes barbares d'Attila menaçaient de ruiner à jamais le monde civilisé, c'est sur la terre de France, dans les plaines de Châlons, qu'elles vinrent se briser. Trois siècles plus tard, c'est en France encore, à Poitiers, que fut arrêtée la ruée islamique...»
      En quelques mots, il atteste de l’identité française construite au fil des siècles et il règle le compte des envahisseurs en armes. Par contre, confiant dans la sagesse des hommes, mais avec beaucoup de conditions à remplir, il dit au cours de son allocution lors de la pose de la première pierre du mihrab de la mosquée de Paris, le 19 octobre 1922 : «La France libérale, ordonnée, laborieuse, l’Islam rénové et rajeuni, apparaissent comme deux forces, deux grandes et nobles forces dont l’union doit être un facteur prépondérant de la paix du monde.»
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Extrait de l’article paru dans le Bulletin d’Information 45 de l’Association
Présence de Lyautey
BP 13851 - 54029 Nancy Cedex Téléphone 03 83 25 12 12 2009
E mail : chateau-lyautey@wanadoo.fr
ISSN : 0293 2482
www.lyautey.fr

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