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Le billet de la semaine
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Trois cents heures pour l’humanitaire
29/07/2009
      Je viens de rencontrer une charmante étudiante franco-américaine qui poursuit des études supérieures scientifiques dans une grande université des USA.

      Elle m’apprend que, chez eux, le cursus de formation comporte obligatoirement, chaque année, trois cents heures d’activités bénévoles au service de personnes en difficulté, sur place ou à l’étranger. Dans son cas, elle a choisi d’aller aider des familles pauvres au Mexique.

      Cette intégration de la dimension humanitaire dans la formation des élites rejoint tout à fait mes préoccupations. Je souhaiterais même que cette exigence sociale, complémentaire de la dimension intellectuelle de la scolarité des étudiants, traverse l’Atlantique. Je crois savoir qu’elle inspire déjà les directeurs des études de l’ENA, de Polytechnique, de HEC… Je voudrais qu’elle imprègne aussi et surtout les présidents de nos universités.
      A cet égard, j’ai eu, à la fin de ma jeunesse, aisée sinon dorée, la chance de découvrir un peu de ce que j’appelle «une autre face de la réalité humaine» à travers l’atroce exode de 1940 vécu comme adolescent, puis l’expérience des travaux agricoles et de bûcheron aux Chantiers de jeunesse durant l’Occupation et celle de soldat à la Libération.
      Cela m’a donné une petite idée de la peine des hommes, de la dureté des travaux manuels accomplis par tous les temps et dans la durée, et cela m’a ouvert, bien avant de visiter les prisonniers, aux préoccupations existentielles de la plupart de mes contemporains.

      C’est pour cela que, quand mes enfants sont parvenus au même âge, je les ai incités à travailler l’été, à la fois pour gagner leur argent de poche, se payer leur permis de conduire ou leur mobylette, mesurer ainsi le vrai prix d’un salaire et surtout prendre des contacts et, le cas échéant, nouer des amitiés avec des personnes d’autres milieux que le leur.
      Sans vanité paternelle abusive, je crois que cette immersion sociale, même passagère, a contribué à les équilibrer. Depuis, je recommande aux parents que je rencontre de faire de même avec leur progéniture. (En revanche, j’ai été horrifié d’apprendre d’un professeur de terminale que la plupart de ses élèves issus de milieux très favorisés recevaient de leurs parents chaque mois, sans contrepartie, l’équivalent d’un SMIC. Voilà, me semble t-il, de l’anti éducation ! )

      L’année scolaire et universitaire est achevée. C’est la période des jobs d’été !
Sachons rappeler à nos jeunes, volontiers attirés par la bronzette, la valeur éducative du travail volontaire, même et surtout s’il est ingrat.
      Même si, pour l’instant en France, les cursus universitaires n’envisagent pas tous la dimension humanitaire, insistons sur l’importance de celle-ci dans la formation d’un homme et d’une femme, surtout s’ils sont appelés à occuper des fonctions de responsabilités.

      Pour moi, l’autorité, c’est d’abord un service et la notion de service s’acquiert d’abord en servant… même humblement…
Jean Delaunay            

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