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Le billet de la semaine
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Pour varier un peu le ton, je propose ici quelques éléments du rapport intéressant que nous adresse l’un de nos amis que je remercie.
L’intégralité de son texte figure sur notre Site.         JD
Retour d’un long séjour en Inde
22/07/2009
Rappels : Démocratie parlementaire- République fédérale depuis 1950 Indépendance : 15 août 1947- 28 Etats et 7 territoires-
Superficie : 6 fois la France - Population : 1 milliard 200 millions
Religions Hindouisme 82%, Islam 12%, Christianisme 2,2%, Sikhisme 1,9%, Boudhisme 0,7%
Taux de croissance : 7% Emplois : Agriculture 66,5%, Industrie 16%, Services 17,5%
Vivent au dessous du seuil de pauvreté : 25% (400 millions) Espérance de vie : 63 ans Alphabétisés : 56%
***

      (…) L’essor informatique allant grandissant, l’émergence de l’Inde d’aujourd’hui s’appuie sur la délocalisation par l’Occident des emplois qualifiés « à fort contenu de matière grise ».
      Informaticiens d’abord, ingénieurs, graphistes, stylistes, consultants, architectes, chercheurs, radiologues européens et américains sont mis en danger par leurs concurrents indiens.
      Nombreux, compétents, excellents anglophones, ceux-ci exercent leurs talents à distance grâce aux nouvelles technologies, pour des salaires défiants les normes occidentales.
       Pour l’Inde, c’est cette main-d’œuvre, connectée au reste du monde par Internet, qu’il s’agit de promouvoir.
L’Inde mise tout sur sa matière grise. Elle dispose aujourd’hui de plus de 16 000 Instituts d’Enseignement Supérieur, Nehru après l’Indépendance en 1947 en avait inauguré 900 !
      Je ne parle pas ici de l’Inde des campagnes, ni des bidonvilles, mais celle de la classe moyenne, urbaine, éduquée et anglophone qui compte 50 à 60 millions de personnes. (…) L’Inde moderne, branchée sur le reste de la planète 24 h sur 24, s’est installée dans un océan de pauvreté et de misère. Des îlots de béton, souvent en pleine campagne brûlée par le soleil, entourés de gazon verdoyant et de végétation tropicale n’ont rien à voir avec l’Inde que l’on traverse sur une route poussiéreuse, entre les enfants aux pieds nus, les chiens errants et les vaches efflanquées, les femmes occupées à des travaux de terrassement, les innombrables échoppes de guingois…
       « Dans ces ilôts ,on est à New-York … Le Hindi et le Bengali y sont bannis au profit d’un anglais impeccable.
       (…) En bref, l’industrie indienne est restée affaiblie. Aujourd’hui, face à la mondialisation, l’état a misé sur la formation d’ élites intellectuelles et financières au détriment d’ infrastructures industrielles et éducatives de masse.
      (…) « la matière grise est l’arme de l’Inde dans la compétition internationale et aligne plus de diplômés que la population de la France.(…) Une île au milieu de millions d’habitants illétrés. »
      Plus de 9 millions d’étudiants.Au total, cette formidable machine à élites produit chaque année quelques 300 000 ingénieurs, plus de 2 millions d’autres diplômés en commerce, médecine, arts….
      Parmi eux, beaucoup possèdent les savoir-faire pour s’insérer immédiatement sur le marché. 28% d’entre eux, soit plus d’un million et demi de personnes sont capables de traiter à distance des tâches délocalisées par des entreprises occidentales. Ce statut des élites est une caractéristique multimillénaire, celle des castes, un système aussi stable que puissant opposé à notre morale.
      Des milliers de castes se regroupent en 4 catégories : les Brahmanes, les guerriers et les rois, puis les marchands et administrateurs, puis les paysans. Enfin les hors-castes, «intouchables», condamnés aux travaux impurs …

       (…)L’obsession hindouiste de la pureté se traduit par un individualisme forcené. L’Hindouisme ignore la charité, essentielle chez les chrétiens et musulmans. Plus que la pauvreté, cette indifférence est ce qui choque d’abord les étrangers. Indifférence aussi à la saleté : un hindou pieux se purifie dans les eaux sacrées du Gange, qui charrie ordures et cadavres.
      Les hautes castes ,5% de la population, constituent l’essentiel de la « middle class ». L’éducation a toujours été, pour les Brahmanes, un moyen de perpétuer leur suprématie, ils ont le monopole des anciens textes sacrés.
      Justement parce que les artisans et paysans indiens qui les produisent sont très pauvres, les biens et services qu’ils produisent ne coûtent «presque rien» : la vie n’est pas chère en Inde.

       (…) Mais la pauvreté de la majorité de la population présente, à terme, le risque de bousculer les coalitions politiques et de faire perdre les élections. (…)
       (…) Je n’invente rien.
Jean-Claude                   


Le texte intégral : Retour d’un long séjour en Inde (cliquer)
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