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Le billet de la semaine
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A propos du 8 Mai
10/05/2006

     Le 8 mai, tous les français ont bénéficié d'un congé mais bien peu d'entre eux se sont dérangés pour participer aux cérémonies commémoratives et saisi cette occasion pour compléter l’éducation civique des jeunes et raviver leur patriotisme.
     On peut même se demander combien de nos compatriotes ont eu, ce jour là, une pensée pour les victimes de la 2° guerre mondiale et pour les acteurs de notre Libération. Dans le même temps, la presse nous apprend, en le dénonçant presque, que Poutine a fait célébrer en grande pompe l’anniversaire de la victoire de 1945 chèrement acquise par le peuple russe.

     De même que j’ai regretté, le 2 décembre dernier, que le 200 ° anniversaire d’Austerlitz ne soit pas mieux célébré, alors qu’ils s’agit d’une page glorieuse de la France, de même, j’ai déploré, ces jours-ci, qu’on ait pas mieux magnifié, toutes générations confondues, ceux qui ont combattu pour sa liberté et dont beaucoup sont morts.

     Pour beaucoup de gens de mon âge, ce sont là de tristes nouvelles !
     Adolescents, nous avions pressenti que Munich menait à la guerre. Nous avions vu de nos yeux la défaite de juin 40 et vécu l’exode en direct. Puis, pendant des mois, nous avons subi l’humiliation de l’Occupation avec son cortège de souffrances et de privations : nous avons eu faim, froid et souvent peur.
     Beaucoup d’entre nous ont eu cependant la chance de faire leurs premières armes à la Libération.
     Le 8 mai 1945, nous étions donc heureux et fiers. C’était la fin d’un cauchemar. C’était aussi et surtout une sorte de « remontée de la France sur le podium international ».      Et ce, grâce à la clairvoyance et à l’opiniâtreté d’un de Gaulle, mais aussi au courage et à l’abnégation de ses soldats en kaki et des combattants de l’ombre…
     Ceux-là auraient d’autant plus mérité d’être célébrés dans une ferveur nationale renouvelée que la France inquiète et divisée se cherche des raisons d’espérer et de croire en elle-même.

     A ce désintérêt pour notre passé et pour nos héros, je vois, entre autres, trois motifs.

     1/ En fait d’appel à la fierté, et alors qu’ils affichent officiellement la nécessité d’exalter le Devoir de Mémoire, nos gouvernants viennent de donner l'impression, à travers des décisions prises hâtivement et aussitôt remises en cause ( sur les aspects bénéfiques de la colonisation notamment ), d’obéir surtout au mot d’ordre : « Pas d’histoires ! »
     Il semble qu’ils cherchent à ne pas heurter les sentiments pacifistes des opposants politiques, à éviter un esclandre avec un Président Algérien qui, pourtant, ne nous épargne pas, lui, et à ménager une petite minorité contestataire Antillaise.

     2/ Mais, dans notre pays, le seul au monde à pratiquer à ce point le masochisme national, sévit, depuis des années, un tel terrorisme intellectuel que, non seulement, la gloire militaire et le patriotisme y sont politiquement incorrects mais que l’évocation du passé n’est tolérée que comme occasion de faire repentance.
     C’est même dans cet esprit qu’ont été désinformées, à l’école et dans les facultés, des générations de nos concitoyens. Par comparaison, on sait avec quel soin les enseignants américains ont, chaque matin, le souci de rendre leurs jeunes élèves fiers de leur Patrie. Ce sentiment, transposé aux USA dans tous les domaines et à tous les échelons, est, à mes yeux, un des éléments majeurs de la puissance américaine.

     3/ Cela dit, nous les anciens, nous portons une part de responsabilité dans cette situation.
     Soit pudeur, soit lassitude, soit réticence à évoquer des évènements douloureux devant ces descendants que nous chérissons, nous n’avons pas pris suffisamment soin de leur expliquer assez la signification de ces anniversaires, ni la portée de nos engagements de jeunesse.
     Par ailleurs, quelquefois courageux au combat, nous avons manqué de pugnacité et de sens tactique pour, la paix revenue, remporter « la bataille de l’Histoire », et ce sont aujourd’hui les idéologues donneurs de leçons et les propagateurs de mauvaise conscience qui occupent ce terrain.

     Il est encore temps de réagir - notamment à l’occasion des prochaines échéances politiques.
     Au lieu du mot d’ordre « Surtout pas d’histoires ! », demandons à nos futurs responsables de consacrer une partie de leur énergie à raviver le patriotisme Français - notamment en accordant une place convenable à l’enseignement de l’HISTOIRE, une histoire remise à l’endroit…
     Et, dans nos familles, n’ayons pas peur de rétablir, à chaque occasion, ce qui nous paraît être la vérité. Il y a des chances que, s’exprimant sans passion et dans la tendresse vis-à-vis de nos petits enfants, notre voix porte mieux que celle des fossoyeurs.
     Sachons, avec des mots de 2006 redonner sens à ce vieux couplet de la Marseillaise :

« Amour sacré de la Patrie, toi qui soutient tes défenseurs »…

Jean Delaunay
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