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Le billet de la semaine
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Désinformation en tous genres
01/04/2009
      Dans mon livre : « lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent », j'évoque la désinformation comme moyen majeur de troubler les esprits.
      Les procédés les plus connus à cet égard sont l'amalgame, la sortie d'un élément de son contexte, la sémantique et surtout la présentation orientée des faits.
      L'actualité nous fournit plusieurs exemples de ces tristes réalités médiatiques.

      La présentation du point de vue du Pape concernant le traitement du sida, lors de son dernier voyage en Afrique, est particulièrement révélatrice. Elle a même été dénoncée par des évêques africains comme une entreprise de désinformation.
       À partir d'une phrase séparée de son contexte, la presse mondiale s'est déchaînée contre le chef de l'Eglise catholique dont les propos sont qualifiés ici de génocidaires, là de vrai appel au meurtre. Du coup, le Pontife est accusé presque partout de sénilité… et invité à se démettre de ses fonctions au plus tôt.
      Quiconque aurait accepté de lire l’ensemble de sa déclaration aurait rétabli la vérité mais, d'une part, les moeurs journalistiques modernes privilégient le sensationnel et compromettent la réflexion, d'autre part, chacun a tendance aujourd'hui à porter des jugements en fonction de ses convictions personnelles et à les traduire de même, le plus souvent de façon grossière et superficielle.

      L'exagération et la généralisation constituent un autre stade de la désinformation.
      Nous en voyons des exemples quotidiens, à propos notamment des salaires des patrons. Il est tout à fait compréhensible que la crise que nous traversons provoque de vives réactions psychologiques de la part des personnes touchées mais l’injustice règne en la matière : tous les patrons sont mis dans le même sac et abusivement traité en boucs émissaires alors que, si certains sont abusivement âpres au gain, tous ont en tête l'intérêt de leur entreprise et que la plupart ont le plus grand souci des hommes qui la font marcher.

       L’utilisation adroite de la sémantique en représente un autre aspect.
      Qualifier le « vol » de « récupération », dire «IVG» au lieu «d’avortement», c’est, d’une certaine façon, tordre la vérité. Aujourd’hui où les questions bioéthiques sont à l’ordre du jour, l’utilisation du terme «mères porteuses», procédé qui révolte beaucoup de gens, est rebaptisé en «gestation pour autrui » ou «procréation par substitution» et le clonage en «transfert de noyau de cellules somatiques», vocables abscons et incolores qui risquent de masquer le caractère antinaturel, donc révoltant, des procédés.

      La présentation orientée des faits reste cependant le procédé le plus courant en matière de désinformation. La façon de vulgariser l’histoire est exemplaire à cet égard. Par exemple, selon que les réalisateurs de films ou les écrivains glorifient l’héroïsme général des poilus, ou qu’ils se focalisent sur le triste sort des quelques mutins fusillés en 1917… selon qu’ils évoquent objectivement l’œuvre colonisatrice de la France, ou qu’ils accablent nos paras d’Algérie et font l’apologie du FLN, ils contribuent à donner aux jeunes la fierté d’être français ou leur inculquent la méfiance, voire la honte de notre pays.

      A cet égard, il est tristement significatif, qu’après beaucoup d’autres, un film sur l’Algérie intitulé «la Trahison», sorti le 25 Janvier 2006, serve de support à une exposition organisée par la FNACA. Le dossier d’accompagnement pédagogique est rédigé par 2 professeurs, avec le soutien de l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie (APHG). J’en extrais les précisions suivantes :

       « L’Agence Cinéma Education propose aux enseignants l’intervention dans les classes, suite à la projection du film, de témoins vivants, anciens appelés de la Guerre d’Algérie. Ces témoins sont membres des deux principales associations d’anciens combattants de la Guerre d’Algérie : la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants d’Algérie, du Maroc et de Tunisie) et l’ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), qui ont souhaité s’associer à la sortie de ce film. Ils ont l’habitude d’intervenir dans les classes et présentent toutes les garanties de sérieux et de neutralité.»

Pour tous ceux qui savent, qu’en réalité, ces deux associations sont politiquement très marquées, le titre du film et le fait qu’il ait été tourné en Algérie apparaissent, comme toute l’opération, révélateurs d’une entreprise partisane très éloignée de la «neutralité».
Jean Delaunay                  
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