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Le billet de la semaine
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Le devoir de mémoire familial
18/02/2009
      A l'occasion de l’envoi traditionnel des voeux de bonne année, certains pères ou mères de famille rédigent une petite chronique familiale. Cela permet, année après année, d'entretenir la mémoire collective. Certains en profitent même pour tenir à jour, ce que l’on appelait autrefois, un « livre de raison », qui retrace l'histoire de la famille.
      Ce travail de constitution de la mémoire familiale me semble nécessaire, quel qu'en soit le mode. C'est en effet dans et par la famille que se transmettent les souvenirs et les traditions vivantes. Pour paraphraser la Bible, la famille est une « Genèse ». Il y a cependant, dans certains milieux, un manque évident de curiosité. Des grands-parents, parfois même des parents, sont les premiers à fermer l'horizon de la recherche. Ils sont muets sur leur passé. On ne voit pas plus loin qu’eux : c'est dommage !
      Certes, il faut penser à l'avenir mais sans oublier que le passé explique et conditionne, en grande partie, l'avenir. La généalogie est fort intéressante mais, sans l’histoire de la famille et de ceux qui la constituent, cette science se réduit à un simple jeu de piste que d'aucuns s’amusent d'ailleurs à faire remonter à Charlemagne ou plus loin !

       Il y a, au contraire, des groupes humains où l’on a visiblement le souci de raconter la famille. Ainsi, quelques-uns de nos amis écrivent (ou reçoivent en héritage) des documents décrivant la jeunesse et la vie de leurs parents, de leurs grands-parents etc… Ils rapportent des anecdotes, des témoignages, par exemple, sur les guerres de 1870, de 1914/ 18 et 1939/45, sur les événements familiaux, les carrières, les lieux de vie, l'histoire de certains meubles etc. avec photos d'ancêtres, de scènes familiales, de tableaux, de propriétés…
      De tels documents constituent de véritables trésors pour les descendants... À moins d'un manque surprenant de curiosité, c'est d'ailleurs avec l'âge que se développe le souci du passé.
      A l’heure actuelle, l’on risque de ne vivre plus guère qu'au présent, broyé dans le tourbillon de la vie quotidienne et de plus en plus surinformé ou désinformé, intoxiqué par des médias omniprésents. L’on n'a plus le temps de réfléchir, encore moins d’écrire. En revanche, ce sont des flots de paroles qui s'envolent de nos téléphones.
      Voilà pourquoi, si vous le pouvez, si vous trouvez du temps, si vous avez quelque peu le goût de rédiger, racontez votre famille, racontez votre vie.

      Ne dites pas : « Cela n’intéressera personne ! ». N’emmenez pas dans votre tombe des souvenirs, des traditions orales que vos descendants ne connaîtront jamais si vous ne les écrivez pas. « Verba volent, scripta manent ! », nous ont appris les Latins. (Les paroles s'envolent mais les écrits restent) Soyez certains que vos descendants vous en sauront gré un jour !

      Certes, ce sont là des paroles de retraité qui a le temps, mais, tout de même, à l'occasion de nos voeux pour l'an nouveau, j’ai pensé que je me devais de souligner l'intérêt de ces lettres familiales annuelles que quelques uns prennent le temps de rédiger.

      Bonne année 2009 et bon travail de mémoire familiale.
Jacques Chevrel                  
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