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Le billet de la semaine
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« Le lion et le rat » à l’heure de l'hélicoptère
28/01/2009

      Chacun se rappelle la fable de La Fontaine intitulée « le lion et le rat ». Elle développe le thème : « un bienfait n'est jamais perdu ».

      Chacun sait aussi que, dans le tiers-monde, les lépreux continuent à être mis aujourd'hui au ban de la société comme ils l’étaient dans l'Antiquité.

      Au lendemain de la Journée Mondiale des Lépreux, il paraît intéressant de relater un épisode survenu cet été en Côte d'Ivoire. Il rappelle l’esprit de la fable mais est passé inaperçu en France.
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      Ayant rencontré bien des lépreux lors de sa carrière outremer et ayant pris conscience de leur misère, le Médecin Général Gilbert Raffier a créé, à quelques kilomètres au sud de Bouaké en Côte d'Ivoire, une léproserie.

      Ce dispensaire a donné naissance à un véritable village de lépreux qui comporte plusieurs centaines d’habitants et s’appelle dorénavant « Raffierkro ».

      Quoique retraité et résidant en France, le fondateur continue à entretenir d'excellents rapports avec ses anciens protégés.

      Cet été, il est alerté, un soir, par un coup de téléphone du chef de son village Africain qui lui annonce : « Un hélicoptère transportant des soldats français vient de s'écraser à quelques mètres de nos cases ! Nous avons réussi à les sortir de leur machine en feu et nous les avons transportés à un poste tenu par l'ONU mais ils n'ont pas voulu s'en occuper. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? »

      A partir de son domicile, à 5.000 km de là, le Médecin Général prend contact avec les autorités militaires françaises d’Abidjan. Elles venaient d’apprendre la disparition de l'hélicoptère. Sur ses indications, elles organisent la récupération sur place des blessés et leur transport vers l’antenne médicale la plus proche, puis vers un hôpital français local. Ils y sont soignés, et 13 jours après, évacués vers la métropole. Ils sont aujourd'hui en bonne santé.

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      Ils doivent leur salut, certes, à l’efficacité des moyens de transmission et de transport modernes mais surtout au courage de ces pauvres handicapés Africains qui n’ont pas hésité à risquer leur vie pour sortir nos soldats du brasier.

      Ils le doivent aussi, indirectement, à l’initiative de ce bon médecin de chez nous…
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Comme quoi, en dépit de la sinistrose ambiante, il y a encore de braves gens.

      Et comme quoi, il faut continuer à méditer et à appliquer les leçons de morale de notre grand fabuliste !
Jean Delaunay                   

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