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Le billet de la semaine
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Shalom !
14/01/2009

       Il y a 25 ans, venant d’occuper la responsabilité majeure de notre armée de terre, j’écrivais un premier livre : « La Foudre et le Cancer ». En plus de la nécessité de réensemencer chez nous les Valeurs humaines fondamentales, je souhaitais attirer l’attention de l’opinion sur le décalage dangereux entre la Foudre, notre puissance militaire présumée – notamment nucléaire - donc à dominante matérielle, face à une menace diffuse et sournoise à base psychologique et idéologique que, faute de mieux, je baptisais le Cancer. Depuis, des penseurs ont baptisé cela «guerre asymétrique».
      Sans vanité aucune mais avec la tristesse d’un vieux soldat qui connaît les horreurs de la guerre, je constate que le drame de Gaza confirme, s’il en était besoin depuis le 11 septembre, l’actualité de ma thèse. Les Israéliens, qui savent le prix de leur survie, maîtrisent toutes les techniques modernes qui constituent la forme classique de la puissance militaire. En face, les combattants du Hamas excellent à utiliser toutes les armes psychologiques anciennes et modernes : de la ruse aux boucliers humains, notamment la provocation qui génère la répression, laquelle leur permet, à eux qui méprisent, Djihad oblige, «la guerre zéro mort» - de se poser en victimes devant le monde entier, grâce aux gros plans de caméras zoomés sur les cadavres d’enfants.
      En 1940, nous avons connu la guerre-éclair, celles des Panzer, face à la ligne Maginot. Aujourd’hui, nous voyons la guerre des images s’opposer à la puissance des armes...

      Cette sinistre situation fait couler des flots d’encre et de paroles qui exaspèrent surtout les antagonismes et ne font guère avancer le problème. Je suis bien incapable de prédire comment tout cela se terminera, compte tenu de la haine qui monte du côté des Islamistes, de la vacance provisoire du pouvoir aux USA, des interférences de cet affrontement avec la Crise avec un C, et des inconnues (Iranienne, russe et chinoise notamment...).

      Je comprends et j’admire profondément la volonté de survivre du peuple Israélien et j’ai été très marqué, à cet égard, par une solide amitié avec “Motta”, feu le Général Mordechai Gur, devenu en 1967 un héros national quand il a reconquis avec ses Paras la vieille Jérusalem âprement défendue par la Légion Arabe.

      J’ai cependant écrit autrefois que, de même que les champignons poussent sur le fumier, la guerre révolutionnaire a besoin d’un terreau humain propice pour se développer. Il est toujours à base de frustrations, d’injustices (réelles ou ressenties), de souffrances physiques (faim, inconfort, entassement... ) et morales (chômage, misère, privation de libertés ). Toutes ces conditions, et d’autres, sont rassemblées du côté Palestinien et adroitement exploitées par les extrémistes.
       Sur un tel substrat ne peuvent apparemment germer que des graines de violence.

       Des retournements de situations peuvent cependant se produire. J’ai personnellement eu l’occasion d’assister jadis à des réunions au sommet, nationales ou internationales, où l’on déclarait irréalisable (sic) l’écroulement de l’URSS et l’unification allemande... Et pourtant...

      C’est pourquoi je souhaite que se lèvent, sur cette malheureuse terre qui a vu, depuis l’Antiquité, tant de sang couler, des forces assez puissantes aux mains d’hommes assez sages pour voir à long terme, pour traiter les causes et non les effets, et, finalement , pour parier sur la paix.
Salam aleikoum !

Jean Delaunay                  

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