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Le billet de la semaine
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La vie commence à 60 ans.
31/12/2008

      Sous ce titre, Bernard Ollivier vient de faire paraître un nouveau livre. Son auteur est ce personnage étonnant dont nous avons déjà parlé à propos de sa longue marche à pied en suivant l’antique route de la soie, de Venise à Pékin ou plutôt à l’ancienne capitale chinoise.
      Nous avons également présenté ici son entreprise originale de réinsertion de jeunes délinquants volontaires pour remplacer la prison par de très longues randonnées à pied en pays étranger, accompagnés par un bénévole formé à cet effet. Cette entreprise est organisée par l’association « Seuil ».(cliquer)

      Dans son nouveau livre, Bernard Ollivier dit des choses fortes comme : « Qui n'a pas de projets est déjà mort. Même s'il y a fort à parier qu'il ne se réaliseront pas tous… Il faudra 300 ans avant que les chênes que j'ai plantés soient bons pour faire une table… Je laisserai sans doute cette tâche à mes petits enfants ou à leur progéniture. »

      « Quant aux autres projets, qu'importe s’ils ne voient pas le jour. Ils m'auront aidé à trouver, heureusement, chaque journée trop courte…. » (…)

      Fred Astaire, ce vieillard bondissant, disait : « La vieillesse, c'est comme le reste. Pour la réussir, il faut commencer jeune. » (…)
      « L'action, c'est d'abord une question d'énergie. À 70 ans, je suis certes un peu plus vieux mais je ne suis pas du tout prêt à être retraité » (…)

      « Je suis tous les jours plus convaincu qu'il est peu intéressant de s'occuper de soi-même et passionnant de s'occuper des autres. Notamment de ceux à qui le destin a fait un croc-en-jambe et qui ne pourront se relever tout seul. Il y a peu, j'entendais un ancien SDF sauvé par le compagnonnage Emmaüs et militant à ATD quart-monde qui avouait : « S'en sortir tout seul, c'est mission impossible. » Si c'est impossible pour des adultes, comment le serait-ce pour des adolescents. » (…)

      « Les vieux ne doivent pas être partie prenante dans l'égoïsme ambiant. D'abord parce que leur expérience de vie leur apprend à toucher la vanité du chacun pour soi. Ils le pensent mais ne le disent qu’à voix basse. Il faut que leur voix porte. Ce n'est pas le cas actuellement où le mot « vieux » est dévalorisé et le rôle des « seniors » instrumentalisé par le marketing et la politique. (…) »

       « Dans une interview prémonitoire, Michel Serres dit à ce sujet. « Ce sont peut-être eux qui seront les plus écoutés. Ils n'ont qu'à se faire entendre. Les gens âgés ont toutes les cartes en main pour que revienne un peu de la beauté dans un monde qui s’enlaidit tous les jours. »
      « Oui, les vieux ont toutes les cartes en main. Il faut qu'ils en prennent conscience et, si ce livre ne devrait avoir qu'un seul objet, ce serait celui-là !»

      Il faut sans doute une vie pour comprendre que le don, c'est d'abord un cadeau fait à soi-même » (...) « En cette matière, les réserves que nous avons sont inépuisables. Rien à voir avec le mercantilisme ambiant du « qu'est-ce que tu me donnes si je te donne ?... »
« Donner n'est pas tout. C'est aussi par l’exemple que les aînés doivent agir sur le monde... Ils savent les bonheurs de la lenteur... »
« Si on écoute les anciens, l'humanité n'ira pas se jeter dans le mur… Encore faudrait-il qu’ils s'assument et prennent conscience de leurs forces. Qu'ils sortent du ghetto dans lesquelles la société occidentale les a enfermés. Pourquoi vieux serait-il à terme péjoratif et jeune un mot positif, paré de toutes les vertus ? »
      « Soixante ans, c'est l'heure du dessert au banquet de la vie. C'est le bouquet final du feu d'artifice que constitue une existence. » (...) « À 60 ans une nouvelle vie s'ouvre devant nous. Remplissons- la le mieux possible »
***

"La vie commence à 60 ans"
par Bernard Ollivier
Editions Phébus, 115 pages, 15 euros


Association « Seuil ».(cliquer)

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