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Le billet de la semaine
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Au-delà des chrysanthèmes
29/10/2008

       La Toussaint, c’est l’époque où, traditionnellement, un grand nombre de nos contemporains fleurissent les cimetières. Plus profondément, c’est pour eux l’occasion de se souvenir de leurs morts et de leur rendre hommage.

      Le culte des morts est pratiqué depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations. C’est l’une des constantes humaines et, reconnaissons-le, l’une des plus sympathiques.

      On peut cependant se demander si l’hommage ainsi rendu ne se borne pas, pour beaucoup de gens, à une évocation affectueuse des disparus, à un appel émotionnel au souvenir.

      Selon nous, à France-Valeurs, ce devrait être aussi l’occasion d’exalter le sentiment de solidarité verticale entre les générations, de marquer notre gratitude envers ceux qui nous ont précédés.

      Par exemple, rappelons, ces jours-ci, aux jeunes que les anciens ont, au fil des siècles, aménagé et agrandi, pour eux, notre coin de terre. Pour qu’ils vivent mieux, ils ont défriché la forêt, tracé les routes, amendé le sol, bâti et rebâti les villes, guerre après guerre. Pendant ce temps, les paysans nourrissaient la population et aménageaient le paysage, les mineurs extrayaient le charbon et les minerais, les forgerons transformaient la matière première, les bûcherons abattaient les chênes pour faire des vaisseaux.
      Après la révolution industrielle du XIXème siècle, les ouvriers ont contribué à accélérer encore ce progrès matériel avec les usines et les chemins de fer…

      A l’occasion du 11 novembre, faisons aussi comprendre aux enfants ce que représentent les Monuments aux Morts de nos villages. A l’école, ils apprennent à vivre ensemble en respectant un certain nombre de règles rendant la vie sociale possible mais c’est surtout à nous, parents et grands parents, de leur faire comprendre qu’il leur faudra se dévouer pour quelque chose qui les dépasse, qui a existé avant eux et qui continuera après leur mort.

      Se dévouer, cela veut dire, dans les occasions extrêmes, risquer sa vie. Ce sacrifice, la France l’a demandé à des milliers de garçons partis en 1914 en pantalon rouge et dont 1.600.000 sont morts. La même abnégation a permis à leurs successeurs de 1944 / 45 de libérer le pays, au prix de 250 000 soldats tués, plus 420 000 civils.

      Mais il nous faut aussi les aider à prendre en compte notre immense capital spirituel : tout ce qui s'est fait de bien et de beau au long des siècles pour que les hommes soient davantage hommes.

      En déposant notre chrysanthème au cimetière, essayons donc de faire passer ce genre de message en direction des jeunes générations.
Jean Delaunay
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