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Le billet de la semaine
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Réflexion d’un grand-père jardinier
15/10/2008
      Maintenant que je ne peux plus courir ni grimper en montagne, le jardinage représente l’un de mes loisirs favoris. Je passe chaque jour des heures penché sur mes plates-bandes, sécateur et binette à la main. C’est là que je trouve le repos complet de l’esprit et l’une des sources de mes petits bonheurs quotidiens. Hier, j’ai taillé ma haie ; ce matin, en arrosant à la fraîche, j’ai cueilli un exquis bouton de rose en train de s’épanouir. Malgré le regret de voir dépérir mes dernières fleurs de printemps, j’ai la joie de voir éclore mes dahlias et autres fleurs d’été…

      C’est une vieille amie qui m’a formé comme jardinier-amateur quand j’étais adolescent. En sabots et en tablier bleu à grande poche, elle m’a enseigné à bêcher, à épandre et enfouir le fumier, à biner, à sarcler, à semer, graine par graine, en poquets ou à la volée, à éclaircir les jeunes plants de carottes ou de salades, à les repiquer, à butter les pommes de terre, à ramer les petits pois, à arroser (en n’utilisant que l’eau de la citerne pour économiser celle du puits), à ramasser les doryphores ( il n’ y avait pas alors de pesticides ) et à faire des épouvantails pour éloigner les merles avant les cerises. J’ai pris l’habitude avec elle d’utiliser le cordeau pour faire des semis bien droits, et à marcher sur des planches pour ne pas tasser la terre meuble…

      Comme toutes les choses humaines, le jardinage réserve cependant à ses adeptes bien des déconvenues et je ne suis pas épargné. Les limaces et les fourmis ont mangé une partie de mes jeunes plants, fruit de mes généreux semis d’avril ; mes superbes pétunias préparés avec amour depuis des semaines ont été hachés par la grêle et mon plus beau bac, admirablement fleuri , a été renversé par la tornade…

      C’est ainsi ! Le contact avec la nature entretient en moi le goût des choses simples et développe en moi la patience, deux vertus indispensables aux anciens.

      Mais il m’enseigne surtout l’émerveillement. C’est, avec l’humour, l’élément essentiel de la sagesse quand on prend de l’âge…

***

      J’entends du bruit dans le jardin… Ce sont mes petits-enfants qui arrivent… avec leurs bambins qui marchent à peine mais s’ y connaissent pour arracher ces pétunias que j’ai tant de mal à faire pousser !…

***

      Allons, Grand Père, tu parlais à l’instant de patience !... Ne boude pas ta joie de voir tes jeunes descendants réunis autour de toi ! Laisse-les découvrir la nature à leur manière ! C’est justement l’une des Valeurs que tu prétends leur transmettre… avec le goût de l’effort ! Tu n’auras qu’à repiquer d’autres plants… Le sourire d’un enfant apportant triomphalement une fleur à sa maman vaut tous les pétunias du monde !

      Heureux l’homme qui peut avoir à la fois des arrière- petits enfants et des pétunias !
JD


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