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Le billet de la semaine
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Candide et la crise boursière
24/09/2008
       Son nom pouvant prêter à confusion, France-Valeurs annonce en tête de son site Internet qu’elle n’a rien à voir avec la Bourse. De même, son président avoue son incompétence en matière financière. Cela dit, Candide de service à la rubrique « Billet », il s’autorise les réflexions suivantes.

      - Plus de 9% de hausse au CAC 40 dans la seule journée d’hier après une série de dégringolades spectaculaires… L’économie mondiale ne progressant, dit-on, que de 5% par an alors que les profits boursiers grimperaient de plus de 15%... Des spéculateurs, notamment chinois, jouant à la Bourse comme on joue au Loto… L’initiative intempestive d’un opérateur subalterne mettant en péril la Société Générale… Un jeune et brillant Polytechnicien (de mes amis), modèle de vertu, recruté, comme beaucoup d’autres golden boys & girls, pour mettre son génie mathématique au service de la fabrication de « produits financiers » encore plus performants que le concurrent…

      - Mais ses homologues américains, véritables marchands de hamburgers à fric, injectant, sans même s’en douter, de la mayonnaise frelatée dans leurs sandwiches boursiers à destination de clients affamés de profit… Les Banques Centrales obligées de combler le gouffre correspondant… Ce qui signifie, en queue de trajectoire, des deux côtés de l’Atlantique, des contribuables modestes obligés de contribuer à pallier la défaillance globale d’un système incontrôlable qui s’est emballé et la faute avérée de quelques uns…

      - Paraphrasant Shakespeare sans vergogne, j’ose donc avancer, avec beaucoup d’autres candides : « Il y a quelque chose de pourri au Royaume de la finance internationale… »

      - Je laisse aux spécialistes et aux hommes politiques le soin d’analyser la situation dans le détail et de trouver des remèdes à cette crise. Elle me semblait couver depuis des années tant il apparaissait à mes yeux de vieil enfant que la bulle boursière allait éclater tant elle était artificiellement gonflée et apparemment déconnectée de la réalité économique.

      -On sait cependant que c’est la recherche effrénée du rendement qui a amené les responsables à prendre tant de risques inconsidérés. Je ne peux pas m’empêcher de faire, à ce sujet, un rapprochement avec la déclaration récente d’un jeune étudiant de 3° année dans l’une de nos meilleures Ecoles de Commerce : « Nous ne recevons aucune formation à l’éthique ».

Je me permets donc de citer sans modestie, un passage de mon dernier livre : « Un coup d’œil dans mon rétro » (1) . Il termine le chapitre consacré à Pierre de Ségonzac, fondateur de l’Ecole de Cadres d’Uriage. J’y ai écrit ceci :

      - « Je regrette de n’avoir pas su lancer à mon tour, au moment où je fondais France-Valeurs, une école de cadres façon Uriage.
      -C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’apparition d’un nouveau Ségonzac, capable de mettre sur pied, à sa manière et dans des perspectives très différentes de celles de 1940, un organisme de formation humaine qui complète nos excellentes écoles un peu trop axées, selon moi, sur l’apprentissage des techniques et de l’économie et pas assez sur la formation de l’homme total dans ses différentes dimensions: intelligence, convictions, coeur et caractère... »

      -A quelque chose, malheur est bon, dit-on. Je souhaite que la crise actuelle incite les directeurs d’Ecoles de Commerce à introduire dans leur enseignement la dimension Ethique.
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(1) Disponible à France-Valeurs    "Un coup d'oeil dans mon rétro"

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