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Le billet de la semaine
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Le 7ème sommet mondial des Comités d’éthique
17/09/2008
      Cette réunion internationale qui s’est tenue récemment à Paris a rassemblé des représentants de 35 pays. Elle a apparemment rencontré dans la presse moins d’échos que l’évolution du prix du baril, le retour ( ?) à la guerre froide, le cyclone Gustav et la convention démocrate aux USA…
      Pourtant, elle a porté sur des sujets qui intéressent l’avenir de l’humanité.
      Ils sont multiples et je n’en citerai ici que trois.

- Beaucoup de couples occidentaux sont en mal d’enfant. Ils échouent souvent dans ce qu’ils appellent le parcours de combat de la procréation médicalement assistée. Certains en arrivent alors, soit à utiliser les services d’un donneur extérieur, soit à faire porter leur enfant par une autre femme. La majorité préfère, semble-t-il, avoir recours à l’adoption et se dirige alors fréquemment vers des pays pauvres. Mais, dans ce domaine comme dans celui des dons d’organes, il existe des trafics. Tout en sachant que l’adoption comporte bien des risques, les futurs parents s’estiment donc en droit d’obtenir des garanties officielles, juridiques et sanitaires.
      Or la législation et les coutumes sont très différentes d’un pays à l’autre, en fonction des cultures et des religions. Nul doute donc qu’il faille encadrer et harmoniser les politiques en la matière, comme, en général, en tout ce qui concerne la transmission de la vie.

- A l’inverse, même si, fâcheusement (de notre point de vue) beaucoup d’Etats reconnaissent maintenant un certain droit des femmes à avorter, la législation diffère d’un pays à l’autre, en ce qui concerne les conditions et les délais, alors que les données biologiques sont évidemment les mêmes partout. Cette disparité, même à l’intérieur de l’Union Européenne, crée des désordres et souffrances qui s’ajoutent aux traumatismes que subissent les femmes victimes d’avortements. Là encore, un cadrage éthique et juridique s’impose.

- Dans toutes ces affaires, et dans le cas encore plus sensible de l’euthanasie, la tendance est malheureusement que ce soient les règles établies dans les pays les plus libéraux, comme les Pays Bas, qui servent de critères aux groupes de pression qui prétendent guider l’opinion et qui, en fait, la manipulent…

       Ma conclusion est double. C’est d’abord la nécessité de continuer à travailler à l’échelon international sur ces sujets qui concernent la dignité humaine et donc intéressent l’avenir de l’humanité. Il ne faut pas laisser vide la chaise éthique alors que biologistes et médecins d’avant-garde, patrons de laboratoires et autres industriels qui marchent dans leur sillage poussent systématiquement au toujours plus. Pour eux, ce qui est techniquement possible doit être tenté.

      A cet égard, une alliance est certainement possible entre les croyants des diverses religions. Je n’en veux pour preuve que la déclaration du président du comité d’éthique tunisien lors du récent sommet: « L’euthanasie est interdit par la religion musulmane. Dès lors, nous utilisons tous les moyens pour rendre la fin de vie moins pénible, y compris des médicaments puissants pour apaiser la souffrance, même s’ils peuvent avoir pour effet d’abréger la vie… »
      Sauf erreur, l’Eglise Catholique tient le même langage...
       Même si certains parlent ailleurs de « choc des civilisations », cette convergence me remplit de confiance.

Jean Delaunay


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