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Le billet de la semaine
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Hommage à nos héros d’hier et d’aujourd’hui.
20/08/2008
      J’étais ce matin à Thônes, haut–lieu de la Résistance 1942/45, au pied du plateau des Glières, d’héroïque mémoire.1 La plupart des maquisards rassemblés par Tom Morel sont tombés lors de l’investissement du massif par la 157° division de montagne allemande. Ils reposent à côté de leur chef au cimetière national de Morette situé presque à l’entrée du bourg.
      Les yeux fixés sur ce rempart naturel, je racontais au plus jeune de mes petits enfants l’odyssée de ce maquis 2 et la survie miraculeuse des quelques rescapés qui ont eu l’intuition de s’échapper par le Pertuis, le seul débouché du plateau que l’adversaire ne contrôlait pas.
      Au lendemain de l’anniversaire du débarquement de Provence du 15 août 1944,3 à la veille de l’anniversaire de la Libération de Paris,4 je lui disais la dette de reconnaissance que nous avions à l’égard de tous ces combattants, ceux de la Résistance et des Maquis, ceux de la 1° Armée et de la 2° DB qui sont morts pour que nous restions libres…

      Contemplant nos abrupts escarpements savoyards si propices à la guerre d’embuscades, j’ajoutais une parole de compassion amicale pour nos jeunes camarades qui combattent en Afghanistan.
***
      Remonté en voiture, j’allume ma radio et, le cœur serré, j’apprends l’affreuse nouvelle : dix de nos soldats d’élite viennent de tomber là bas, plus vingt et un blessés… Je me recueille en pensant affectueusement et avec gratitude à eux et à leurs familles.

      Je pense aussi à ceux qui leur succèderont là bas. Parmi d’autres, nos Chasseurs Alpins sont précisément au tour de départ pour relever là bas ces Parachutistes qui viennent d’être si éprouvés.

      J’ai précisément écrit le livre : « Femmes de soldats » 5 pour rendre hommage à toutes celles qui ont attendu autrefois ou qui attendent encore « leur » soldat parti au loin. Je suis donc particulièrement sensible au sort de ces familles dramatiquement amputées.
      Au-delà des terribles problèmes sentimentaux et matériels qui se poseront à elles, nul doute qu’une question ne taraude les femmes et les enfants de ceux qui sont morts ou blessés au loin, ou qui risquent de l’être :
« Pourquoi ? »

      Ma réponse paraîtra peut être simpliste. Ils sont morts parce qu’ils sont soldats et que la vie du soldat, c’est précisément d’affronter la mort. Ils sont morts parce que notre gouvernement a jugé que la cause défendue dans ces montagnes justifiait leur vie et leur mort éventuelle. Il s’agit en effet d’éviter que ne triomphe là bas, au nom de l’Islamisme haineux, une autre forme de tyrannie qui risquerait de nous engloutir…
***
       Morts d’Afghanistan, vous rejoignez dans le martyrologe national vos anciens des Glières, vos anciens de 1914/18, les morts pour la Patrie ! Nous vous saluons avec gravité, avec respect, avec reconnaissance. Nous nous engageons à garder votre mémoire mais surtout à travailler chacun dans notre secteur pour que votre sacrifice ne demeure pas vain et pour que le mal ne soit pas victorieux.
      Gloire à vous, nos héros !
Jean Delaunay
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1 / Monument national de la Résistance du Maquis des Glières
2 / Glières - Haute-Savoie 1944 : Les Evénements
3 / Mémorial du débarquement de Provence
4 / La libération de Paris
5 / "FEMMES DE SOLDATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI"
Jean Delaunay


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