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Le billet de la semaine
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A propos de la réforme de la Constitution
06/08/2008
      Comme beaucoup de Français sans doute, j’ai été scandalisé par le comportement de nos élus dans le dernier mélodrame de notre démocratie : la réforme de la Constitution. Et je ne peux m’empêcher de me demander si nous sommes toujours en démocratie, avec au fronton de celle-ci, la liberté de pensée. Notre régime actuel des partis fait que les citoyens que nous sommes ne pensent plus individuellement mais collectivement.
      Les partis pensent, jugent et décident pour leurs adhérents. En l’occurrence, les partis ont décidé qu’il fallait répondre oui ou non à la question posée : peu importait l’intérêt de la France ; seules comptaient les manœuvres politiques.

      Certes, ce n’est pas nouveau, mais à mon sens de plus en plus grave. Car les partis peuvent – et ils ne s’en privent pas - décider quelles injustices doivent entraîner l’indignation et les manifestations, et quelles autres doivent laisser indifférents : les consciences se révoltent désormais sur commande. C’est l’acte de décès de la liberté de penser, dont nous savons bien qu’en dépendent toutes les autres libertés. De nos jours, le mensonge règne et nous acceptons plus ou moins passivement la propagande qu’il provoque. Il y a de notre part une indifférence à la fois à la vérité et au mensonge. Cela est d’autant plus grave que cette indifférence entraîne l’implication non seulement de l’esprit, mais de l’individu tout entier, mûr pour l’esclavage. Il faut répéter que l’amour de la vérité est à placer au même rang que l’amour de la liberté.

      Avec l’amour de la vérité est en cause notre faculté de jugement dont on peut penser qu’elle est en faillite. Car cette faculté va de pair avec un certain engagement intérieur : qui juge s’engage en son âme et conscience. Sans doute y a-t-il à mettre en accusation la perte de l’idéalisme, de la foi. Les chrétiens engagent leur âme, en prenant parti pour le bien ou le mal : la croyance métaphysique leur donne la force de choisir.
      Chrétiens ou non, il semble urgent de redonner aux hommes la conscience de leur dignité.
Général (2S.) S. Douceret


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