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Le billet de la semaine
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A propos du Tour de France
30/07/2008
      Comme tout le monde, j’ai été déçu par l’annonce du dopage du grimpeur prodige italien. A vrai dire, je crains que les cyclistes du Tour, comme beaucoup d’autres champions de diverses disciplines, ne soient tous sous l’emprise de substances qui décuplent leurs facultés naturelles.
      Dès lors, faute de pouvoir empêcher le dopage, le problème qui se pose aux organisateurs est de disposer d’assez de techniciens pour contrôler tous les coureurs et déceler dans leur corps la présence de produits que les laboratoires s’ingénient précisément à rendre indétectables.

      On est là loin de l’idéal d’un Pierre de Coubertin et il me paraît aujourd’hui impossible de revenir à la belle devise olympique qui dit en substance : «que le meilleur gagne…»
      D’ailleurs, au-delà de la faute personnelle des sportifs en cause et de leurs entraîneurs et sponsors, c’est toute notre société qui est responsable car c’est elle qui génère ce genre d’abus. A force de faire du sport un spectacle, d’y mettre en jeu des sommes d’argent de plus en plus importantes, de réclamer des acteurs des performances de plus en plus élevées, on a dans une certaine mesure dénaturé le sport.

      C’est là l’une des innombrables contradictions de notre temps : l’opinion affecte de demander aux gens en vue de la vertu et de la transparence mais exige d’eux des qualités surhumaines, ce qui les amène à tricher, d’une façon ou de l’autre.

      Face à cette situation, il me semble que nous pouvons adopter deux attitudes complémentaires.

      D’abord, dans le cadre d’une politique éducative générale, encourager nos jeunes à la pratique du vrai sport, c'est-à-dire au goût de l’effort gratuit, à la régularité de l’exercice physique, gage d’équilibre physique et mental, au dépassement de soi stimulé par une émulation de bon aloi, au triple respect des règles du jeu, de l’arbitre et de l’adversaire…

      A cet égard, il y a beaucoup à faire en France pour que les éducateurs et les parents d’aujourd’hui relativisent les résultats proprement scolaires. Ils pourraient utilement s’inspirer des modèles anglo-saxons et scandinaves où l’activité physique est prise aussi au sérieux que dans l’Antiquité grecque et latine qui mettait en œuvre la devise «mens sana in corpore sano. »

      Ensuite, bien que nous soyons sans illusions sur «la dimension pharmaceutique» de l’entraînement des champions modernes, ne boudons pas notre plaisir devant les magnifiques spectacles sportifs, ceux que nous offrira notamment la retransmission télévisée des prochains JO.
      Un départ de 100 m, la fin d’un 5.000 m, d’une épreuve de ski de fond ou d’un marathon, les balles de set d’un tournoi de tennis sont des visions magnifiques et exaltantes… même pour les personnes fatiguées qui les regardent de leur fauteuil…

      Moi, l’ancien sportif qui suis désormais dans ce cas, je sais que je les goûte d’autant plus que j’ai accompli, à ma mesure, mon effort physique quotidien car l’important, c’est de participer !
JD


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